Ce n’est pas le genre de match qui fait lever les foules. Mais c’est le genre de match qui fait tenir une saison. Samedi 14 février 2026, la réserve de l’ASSE est allée chercher un 0-0 à Auxerre. Un point chez une équipe du haut de tableau, dans un championnat où l’air devient vite rare quand on regarde vers le bas. Et, surtout, un signal: la N3 stéphanoise sait encore fermer la boutique quand il le faut.
Le score est sec, mais le contenu a de la valeur. Saint-Étienne a maîtrisé son sujet face à une équipe auxerroise fidèle à sa tradition: gabarit, vitesse, jeu direct. Dans ce contexte, ne pas rompre, c’est déjà une performance. Et l’ASSE l’a fait avec un choix qui en dit long sur la politique maison: deux joueurs nés en 2009 titulaires. Ce n’est pas un gadget. C’est une prise de risque assumée, et une manière de rappeler que la réserve sert aussi à ça: exposer tôt, tester vite, apprendre dans le dur.
Le point pris ne règle rien. En N3, la zone rouge n’attend personne, et la règle est brutale: plusieurs descentes, et parfois même des calculs de “meilleur onzième” qui transforment la fin de saison en casse-tête. Ce n’est pas nouveau, mais il faut le dire: un nul à l’extérieur contre un gros, c’est bien, à condition d’enchaîner ensuite des victoires contre des adversaires plus directs. Le maintien se gagne rarement sur des coups d’éclat, plutôt sur une série de matches où l’on refuse de perdre.
Stojkovic, adaptation et patience: le vrai contexte
Un épisode a fait parler: la sortie de Stojkovic à la mi-temps. L’explication est simple et factuelle: il a pris un coup en première période, d’où son remplacement. Le reste, c’est de l’interprétation. Et sur ce terrain-là, il faut garder la tête froide. Un jeune joueur, surtout s’il arrive de l’étranger, ne se juge pas sur 45 minutes en N3. Il doit absorber une nouvelle langue, une nouvelle vie, un nouveau rythme, et parfois une solitude qui pèse plus lourd qu’un marquage individuel. C’est probable que l’adaptation prenne du temps. C’est même la norme.
Ce match à Auxerre rappelle donc deux choses. D’abord, la réserve peut être un outil de stabilisation: apprendre à défendre, à gérer, à ne pas s’effondrer. Ensuite, elle est un laboratoire: on y lance des très jeunes, on y intègre des profils à développer, et on accepte que tout ne soit pas immédiatement propre. Le 0-0 n’est pas spectaculaire. Mais dans une saison où chaque point peut valoir une place, il a le goût des résultats qui comptent vraiment.