Il y a des soirs où l’ASSE ne cherche pas à séduire. Elle cherche à survivre. À Guingamp, samedi 14 février 2026, les Verts ont fait les deux. Une première période tranchante, presque clinique. Une seconde à serrer les dents, à compter les secondes, à regarder le ballon comme on regarde une facture imprévue. Score final: 2-1. Trois points. Et un message clair: la dynamique est là, la maîtrise, elle, n’a pas encore signé le contrat.
Le scénario a pourtant démarré comme un match qu’on aimerait encadrer. Un penalty transformé tôt, puis un deuxième but dans la foulée. Zuriko Davitashvili, double buteur, a mis l’ASSE sur des rails confortables, ceux où l’on peut enfin respirer et choisir ses moments. Sauf que Saint-Étienne, cette saison, a une relation compliquée avec le confort. À 2-0, l’équipe a continué à jouer, mais sans tuer le match. Et en Ligue 2, laisser une porte entrouverte, c’est souvent offrir un trousseau de clés.
Guingamp a réduit l’écart sur corner à l’heure de jeu. Et là, le match a changé de température. Les Verts ont reculé, parfois par choix, souvent par nécessité. Les sorties de balle se sont raréfiées, les secondes balles ont commencé à tomber du mauvais côté, et l’ASSE a donné l’impression de jouer avec une jauge d’essence qui clignote. Ce n’est pas nouveau: cette équipe sait produire de très bonnes séquences, puis se désorganiser quand l’adversaire hausse le ton. La nouveauté, c’est qu’elle a tenu.
Montanier installe des idées, mais le match reste à dompter
Philippe Montanier enchaîne une deuxième victoire en deux matches. Ce n’est pas un détail, surtout dans un championnat où tout le monde se marche dessus et où la moindre série devient un argument de montée. À Guingamp, son choix fort a été de replacer Augustine Boakye plus dans le cœur du jeu. C’est probable que ce repositionnement devienne une piste durable: Boakye a de la qualité technique, une capacité à se retourner, à donner du liant, et surtout à faire respirer l’équipe quand elle panique. Le problème, c’est que l’ASSE a justement paniqué par moments après la pause, et qu’elle n’a pas toujours trouvé les relais pour calmer la tempête.
Le match a aussi rappelé une évidence: quand Gautier Larsonneur est décisif, l’ASSE gagne des points qui comptent double. Il n’a pas eu cinquante arrêts à faire, mais il a eu ceux qui évitent le scénario cruel, celui où un 2-0 bien géré devient un 2-2 bêtement concédé. Dans une course au podium, ce genre d’intervention, c’est une ligne de plus au bilan… et une ligne de moins dans la colonne des regrets.
Au classement, ce succès rapproche Saint-Étienne du sommet et met la pression sur Troyes, qui doit encore jouer. Mais l’ASSE ne peut pas se contenter de regarder les autres. Le prochain rendez-vous à Geoffroy-Guichard contre Laval, samedi 21 février 2026, ressemble déjà à un test de maturité: confirmer, sans se raconter d’histoires. Parce qu’une série, c’est bien. Une équipe qui sait gagner sans trembler, c’est mieux. Et pour l’instant, Saint-Étienne gagne… en tremblant encore un peu.