Un 1-0 qui sent la sueur… et la maturité

On a beaucoup parlé du but. Normal: un défenseur qui surgit à la 77e minute, ça fait toujours son petit effet, surtout quand ça offre trois points. Mais le vrai cadeau de la soirée contre Montpellier, ce n’est pas la tête de Julien Le Cardinal. C’est ce que l’ASSE a enfin montré sans le crier: une défense qui ressemble à quelque chose, une charnière qui parle le même langage, et un match géré sans cette petite musique d’angoisse qui traîne souvent dans les fins de rencontre.

Le symbole, c’est Mickaël Nadé. Pas le plus glamour, pas le plus “tendance”, rarement celui qu’on encadre au Stabilo. Mais dans ce genre de match, celui où l’adversaire vient avec un avant-centre lourd, des duels, des secondes balles et l’envie de te faire dérailler, Nadé a fait ce qu’on attend d’un défenseur central: il a imposé un cadre. Il a pris l’attaquant le plus haut, le plus dangereux, et il l’a rendu banal. Ce n’est pas un compliment Instagram, c’est un compliment de Ligue 2: le plus précieux.

À ses côtés, Le Cardinal a apporté autre chose. Une rigueur plus froide. Une lecture plus propre. Et, surtout, cette impression de discipline qui évite à l’équipe de se désunir au premier courant d’air. On ne va pas réécrire une carrière sur 90 minutes, ce serait aussi sérieux que de juger un mercato sur une story d’entraînement. Mais c’est probable que cette association-là, si elle est reconduite, stabilise tout le reste: les latéraux respirent, le milieu défend plus haut, et le gardien n’a plus besoin de jouer au pompier pyromane.

Le match contre Montpellier l’a confirmé dans les faits: Saint-Étienne s’est imposé 1-0, but de Le Cardinal à la 77e, et l’ASSE a surtout gardé sa cage inviolée. Ce n’est pas une statistique décorative. C’est une fondation. Et dans une course à la montée où tout le monde se marche dessus, les fondations valent parfois plus qu’un feu d’artifice.

Reste une nuance: cette solidité doit survivre à l’enchaînement. Parce que le prochain rendez-vous, c’est Guingamp, samedi 14 février 2026 à 20h. Et là-bas, on ne te laisse pas défendre en pantoufles. Il faudra répéter, encore. Sans se raconter d’histoires. Et sans oublier que la meilleure défense du monde finit toujours par craquer si elle passe son temps à reculer.