Trente millions d’euros de perte. Sur le papier, ça claque comme une frappe en lucarne… contre son camp. Et pourtant, en ouvrant le capot, l’ASSE ne donne pas l’image d’un club au bord de la panne sèche. Plutôt celle d’une entreprise qui a décidé d’accélérer, de payer le prix, et de s’offrir un peu d’air pour la suite.

La perte sur l’exercice 2024-2025 n’est pas une surprise totale. La saison précédente était déjà déficitaire, et l’addition s’alourdit. La mécanique est classique: des dépenses qui montent plus vite que les recettes, avec une masse salariale qui pèse, et surtout des dotations aux amortissements qui grimpent quand on investit sur des joueurs sous contrat. C’est le revers du mercato “structurant”: on ne paye pas seulement à la signature, on paye ensuite dans les comptes, année après année.

Une perte lourde, un bilan qui se renforce

Le point clé, c’est que cette perte n’a pas été laissée seule dans un coin, comme un dossier gênant. L’ASSE a regonflé ses capitaux propres via une augmentation de capital importante (ce n’est pas un détail, c’est un signal). Résultat: le bilan se muscle. Le club peut afficher des capitaux propres nettement plus confortables qu’avant, ce qui change tout dans la lecture “santé” d’une société sportive.

Autre élément à surveiller: la structure de dette. Les dettes financières reculent, mais d’autres lignes gonflent, notamment côté fournisseurs et immobilisations. Traduction simple: l’ASSE a recruté, et il faut payer. Rien d’illégal, rien d’exotique: c’est le quotidien des clubs qui étalent des indemnités et des échéanciers. La question n’est pas “pourquoi il y a des dettes”, mais “comment elles sont pilotées” et “avec quelle capacité de remboursement”.

Dans ce tableau, un point mérite un surlignage: la présence d’un compte courant d’associé (donc de l’actionnaire) qui ressemble à un outil de financement interne. C’est souvent une manière souple d’alimenter le club, avec une logique de long terme. Ce n’est pas forcément un signe d’urgence, plutôt un levier de gestion. À noter toutefois: un compte courant peut être rémunéré, donc il peut générer une charge. Ce n’est pas dramatique, mais ce n’est pas gratuit non plus.

Enfin, il reste une zone grise: des charges exceptionnelles significatives sur l’exercice. Le montant interpelle, parce qu’il peut recouvrir des opérations ponctuelles (règlements, litiges, écritures de réorganisation, rachat de certains engagements…). Sans détail, impossible d’être catégorique. Niveau d’incertitude: incertain sur la nature exacte, probable