Le plus dur, dans une relance, ce n’est pas de démarrer. C’est de recommencer. L’ASSE a ouvert l’ère Montanier par un 1-0 contre Montpellier qui sentait la sueur propre: un bloc compact, des courses utiles, et Julien Le Cardinal en sauveur inattendu. Très bien. Maintenant, place au test qui ne pardonne pas: Guingamp, à l’extérieur, samedi 14 février 2026 à 20h. Là où les bonnes intentions se font souvent dépouiller au premier duel perdu.
Le décor est clair: Guingamp n’est pas un match “bonus”. C’est un match de Ligue 2, donc un match où l’on te juge sur ta capacité à encaisser, à répondre, à rester dans ton plan quand le ballon brûle. Et l’ASSE arrive avec une promesse à confirmer: défendre en équipe, pas en solitaire. La nuance est énorme. Sous Montanier, l’idée n’est pas de renier l’ambition, mais de remettre l’ordre avant la poésie. Et en Bretagne, l’ordre, c’est d’abord gagner des mètres sans perdre la tête.
Le point central, c’est la répétition du bloc. Contre Montpellier, l’ASSE a surtout donné une impression rare ces derniers mois: une équipe qui ne s’ouvre pas en deux à la première transition adverse. Pas besoin d’un gardien héroïque, pas besoin d’un miracle permanent. Juste des distances cohérentes. Si cette cohérence tient à Guingamp, alors on pourra parler d’un début de tendance. Si elle saute, on parlera d’un match isolé, aidé par le contexte et l’adversaire.
Incertitudes d’effectif: la gestion du risque, pas la loterie
Il y a aussi la réalité du moment: l’ASSE avance avec des zones grises. Mahmoud Jaber reste absent pour une durée difficile à estimer, et Chico Lamba est dans le même flou. Tardieu a repris la course, mais le retour à la compétition ne se décrète pas. Quant à Annan, l’hypothèse d’une rechute circule: probable, mais incertain tant que le club n’a pas clarifié. Soumahoro, lui, n’apparaît pas comme une solution immédiate, plutôt une carte polyvalente à réintroduire au bon moment. Bref: Montanier doit composer, et surtout éviter le piège classique de la Ligue 2, celui où tu changes ton équipe parce que tu changes ton humeur.
Dans ce contexte, le match se jouera beaucoup au milieu. Pas forcément sur la possession, mais sur la capacité à empêcher Guingamp de s’installer dans des attaques simples, répétées, sur les côtés. L’ASSE a montré contre Montpellier qu’elle pouvait fermer l’axe et protéger sa surface. À Guingamp, il faudra aussi protéger les couloirs, gérer les dédoublements, et ne pas laisser les latéraux vivre un tête-à-tête permanent avec leur ailier. La Ligue 2 adore ce genre de scénario: un contre un, un centre, un deuxième ballon, et tu te retrouves à courir après le score comme si c’était une tradition locale.
Enfin, il y a l’élément invisible: l’état d’esprit. L’ASSE a besoin d’un match “adulte”, sans surchauffe, sans revanche mal digérée, sans carton bête. La meilleure réponse à un mauvais souvenir, ce n’est pas de serrer les dents. C’est de serrer les lignes. Si les Verts veulent voyager, ils doivent accepter une idée simple: à l’extérieur, on ne gagne pas en jouant plus beau. On gagne en jouant plus juste. Et en Ligue 2, “juste”, ça commence souvent par un tacle propre et une relance simple. Le reste viendra peut-être. Ou pas. Mais au moins, tu restes vivant.