Geoffroy-Guichard sait faire du bruit. Il sait aussi se faire rappeler à l’ordre. Et samedi 7 février 2026, pendant ASSE–Montpellier, l’histoire ne s’est pas jouée uniquement dans la surface: il y a eu une interruption et un message au micro demandant des chants moins insultants.
Le sujet, lui, est double. D’un côté, la question des chants: l’arbitre stoppe, le stade se fige, et tout le monde comprend que la marge de tolérance se rétrécit. Ce n’est pas une nouveauté dans le football français, mais c’est un rappel concret: à force de tirer sur l’élastique, il finit par claquer. Et quand il claque, ce n’est jamais au bon moment, ni pour le club, ni pour l’équipe, ni pour l’image.
De l’autre, il y a la question des drapeaux géants. Pas les drapeaux en eux-mêmes, qui font partie du décor depuis toujours, mais leur présence continue, leur taille, et surtout leur impact sur la visibilité. Là, on touche à un point sensible: l’ambiance est un patrimoine, mais un stade n’est pas censé devenir un jeu de piste où l’on devine le match entre deux pans de tissu.
Le plus piquant, c’est que ce débat arrive précisément le soir où l’ASSE a enfin offert un match « respirable » sur le terrain. Comme si le club avait réussi à remettre de l’ordre dans son bloc… pendant que les tribunes, elles, cherchaient encore leur réglage fin. L’ironie est légère, mais elle existe: on a gagné en compacité sur la pelouse, pas forcément en lisibilité dans certaines zones des gradins.
Il faut aussi regarder le contexte: l’ASSE sort d’une période où tout est scruté, tout est interprété, tout est potentiellement sanctionnable. Dans ce cadre, chaque incident, même bref, devient un caillou dans la chaussure. Et une chaussure, quand on vise une remontée, on préfère qu’elle soit confortable.
La suite dépendra de la capacité à trouver un équilibre. Probable que des ajustements se fassent, parce que personne n’a intérêt à transformer un atout historique en problème récurrent. Incertain, en revanche, de savoir à quelle vitesse les habitudes évolueront: les tribunes ont leur logique, leur tempo, et parfois leur entêtement. Mais une chose est sûre: si l’ASSE veut que le Chaudron reste une arme, il faudra éviter qu’il devienne un dossier.