Le football a une mémoire courte, et une valise toujours prête. Eirik Horneland, parti de Saint-Étienne sur un goût d’inachevé, est déjà annoncé sur une nouvelle piste: Aberdeen. Rien d’officiel à cette heure, donc prudence. Mais l’hypothèse est crédible, et elle raconte quelque chose de très moderne: un entraîneur peut échouer dans un contexte, puis redevenir désirable ailleurs, presque immédiatement.
Ce rebond, s’il se confirme, ne dira pas que l’ASSE s’est trompée sur tout. Il dira surtout que l’ASSE et Horneland n’étaient pas au bon endroit, au bon moment. À Saint-Étienne, il fallait un pompier capable de remettre de l’ordre, de gérer l’urgence, de faire des choix impopulaires sans perdre le vestiaire. Horneland, lui, a la réputation d’un coach d’idées, de structure, de projet. Un profil qui peut mieux coller à un club stable, avec une direction alignée et un environnement moins inflammable.
Transfermarkt indique d’ailleurs un contrat courant jusqu’au 30 juin 2027, ce qui confirme au minimum qu’il est déjà rattaché contractuellement à un projet, même si la base de données ne remplace pas une annonce officielle de club.
Pour l’ASSE, l’intérêt est ailleurs: cette rumeur agit comme un miroir. Elle rappelle que la page est tournée, et que le club a choisi une autre voie avec Philippe Montanier. Un entraîneur plus “terrain”, plus immédiat, plus lisible. L’ASSE n’a pas besoin d’un laboratoire. Elle a besoin de points. Et vite.
Si Horneland signe à Aberdeen, ce sera un chapitre écossais pour lui. Pour Saint-Étienne, ce sera surtout la confirmation d’une chose: l’histoire ne se réécrit pas. Elle se dépasse. Et la seule question qui compte, au fond, est simple et cruelle: qui aura eu raison le premier? Celui qui rebondit, ou celui qui remonte?