Il y a des vidéos de club qui sentent la peinture fraîche. Et puis il y a celles qui sentent le vestiaire. L’Inside publié cette semaine appartient à la deuxième catégorie: pas un film d’art et d’essai, plutôt un instantané. Et surtout un message. Philippe Montanier arrive, et il ne vient pas pour faire du tourisme dans le Forez.

Ce qui frappe d’abord, c’est le ton. Clair. Direct. Sans grands effets. Montanier parle comme un entraîneur qui sait où il met les pieds, et qui n’a pas besoin de hausser la voix pour exister. Il y a même ce petit supplément de fluidité, quand il passe du français à l’anglais sans perdre le fil. Ce n’est pas un gadget: dans un vestiaire moderne, c’est un outil. Et un outil, ça sert à gagner du temps. Or l’ASSE, en février 2026, n’a plus de temps à offrir.

Le détail qui tue: discipline simple, respect non négociable

Le plus intéressant n’est pas la punchline. C’est la somme des micro-signaux. Les téléphones, par exemple: l’autorisation “pour tout le monde”, mais avec une nuance qui ressemble à une règle, pas à une discussion. Le respect du personnel, aussi, posé comme une évidence. Ce n’est pas de la morale. C’est de l’organisation. Un vestiaire qui se tient, c’est un vestiaire qui respire. Et une équipe qui respire, c’est une équipe qui peut finir fort.

On pourrait sourire en disant que tout ça, c’est de l’éducation de base. Justement. Quand un entraîneur est obligé de rappeler l’évidence, c’est que l’évidence n’était plus si évidente. Et à Saint-Étienne, ces derniers mois, on a trop souvent vu une équipe qui se cherchait un cadre autant qu’un plan de jeu.

Montanier, lui, semble poser une méthode avant même de poser un onze. Et c’est peut-être là la vraie rupture: l’idée que le match ne se gagne pas seulement avec les titulaires, mais avec un groupe qui sait pourquoi il entre, quand il entre, et ce qu’il doit changer. Cette vision colle parfaitement à sa phrase sur les cinq changements: une équipe qui commence, une équipe qui finit.

Alors oui, une vidéo ne fait pas une montée. Et l’Inside ne mettra pas un ballon au fond à la 92e. Mais il raconte quelque chose d’utile: l’ASSE a peut-être retrouvé un entraîneur qui sait installer une ambiance de travail sans se déguiser en sergent-chef. Un cadre net, une parole simple, un humour discret. C’est souvent comme ça que les redressements commencent. Le reste, évidemment, se jouera samedi soir, sur la pelouse, quand les bonnes intentions devront courir aussi vite que les adversaires.