Samedi 7 février 2026, 20h, Geoffroy-Guichard. ASSE–Montpellier. Un match de Ligue 2 qui ressemble à une finale de février, ce genre de soirée où le classement te regarde droit dans les yeux et te demande si tu veux encore jouer quelque chose… ou juste survivre.

Le décor est simple: Saint-Étienne doit gagner. Pas pour faire joli. Pas pour “se rassurer”. Pour éviter que la saison ne bascule dans cette zone grise où l’on parle davantage de la dixième place que de la montée. Et dans ce type de rendez-vous, tout commence au milieu. Parce que c’est là que l’ASSE a perdu trop de ballons, trop de mètres, trop de tempo ces dernières semaines. Et parce que c’est là que l’effectif arrive cabossé, avec des options qui fondent au moment où il faudrait, justement, élargir la palette.

Le cœur du jeu: tenir, gratter, puis enfin piquer

Le chantier est double. D’abord, il faut sécuriser. Montpellier viendra avec l’idée la plus vieille du monde: faire déjouer, récupérer haut, et transformer chaque perte de balle en mini-panique. Saint-Étienne, elle, a besoin d’un milieu capable de jouer simple quand il faut, et vite quand c’est possible. Pas un essuie-glace. Un accélérateur.

Dans ce contexte, Abdoulaye Kanté arrive comme une pièce utile, presque évidente sur le papier: un profil de récupérateur, habitué à la Ligue 2, venu pour “récupérer des ballons” et aider le club à remonter. C’est écrit noir sur blanc dans la communication officielle du club: prêt avec option d’achat, et un rôle clairement identifié.

Mais attention au piège classique: croire qu’un milieu défensif règle tout. Kanté peut stabiliser, oui. Il peut donner du volume, oui. Il peut aussi, comme tout joueur qui débarque, manquer de repères et de connexions. Probable qu’il soit rapidement utile. Incertain qu’il soit déjà le métronome dont l’ASSE rêve depuis des mois.

Et c’est là que Montanier est attendu. Pas sur une formule magique. Sur une hiérarchie claire. Qui porte le ballon? Qui casse une ligne? Qui protège la défense quand les latéraux montent? À Sainté, on a souvent empilé des profils “énergétiques” en espérant que l’énergie fasse office de plan de jeu. Ça court, ça s’agite, et ça finit par s’éteindre. Montanier, lui, a déjà glissé une idée qui change tout: avec cinq changements, il y a une équipe qui commence et une équipe qui finit. Ce n’est pas une phrase pour faire joli. C’est une méthode.

Dans un match qui peut se jouer sur la dernière demi-heure, cette logique impose un milieu pensé en deux temps: d’abord résister et installer, ensuite accélérer et trancher. Et si l’ASSE veut vraiment redevenir dangereuse, il faudra aussi que les joueurs offensifs arrêtent de vivre loin du jeu. Zuriko Davitashvili, par exemple, n’est pas là pour faire de la figuration sur un côté. Il est là pour créer du désordre. À condition qu’on lui donne des ballons dans le bon tempo, et pas après trois contrôles et deux demi-tours.

Au fond, le match contre Montpellier dira surtout une chose: est-ce que Saint-Étienne sait encore imposer un rythme, même imparfait, même brouillon, mais un rythme à elle? Ou est-ce qu’elle subit, encore, en attendant un éclair individuel? Ce samedi, l’ASSE n’a pas besoin d’un miracle. Elle a besoin d’un milieu qui joue au football, tout simplement.