Le calendrier a parfois le sens du théâtre. Samedi 7 février 2026, à 20h (19h UTC), Geoffroy-Guichard accueille ASSE–Montpellier. Un match de Ligue 2, oui. Mais surtout un match de bascule: celui où l’ASSE doit prouver que le changement de coach n’est pas un simple changement de costume.
Philippe Montanier est là depuis le 1er février. Officiellement nommé jusqu’à la fin de saison, avec une année en option, il n’a pas débarqué pour faire du tourisme nostalgique. Il a parlé d’un club de cœur, d’ambitions, et d’un effectif avec du potentiel. Très bien. Maintenant, place au seul langage qui ne nécessite pas de traduction: gagner.
Le contexte, lui, ne fait pas de cadeau. L’ASSE est 5e, Montpellier 9e au moment où le match est programmé. Ce n’est pas un duel de gala, c’est un duel de nécessité. Et l’ASSE arrive avec une évidence: si elle veut recoller au wagon de tête, elle doit enchaîner. Pas demain. Pas « quand ça ira mieux ». Maintenant.
Ce qui rend ce rendez-vous piquant, c’est la nature même du chantier. Montanier n’a pas une trêve pour tout reconstruire. Il a des séances, des matches, et une urgence comptable. Il doit remettre de l’ordre sans casser ce qui tient encore debout. Il doit remettre de la confiance sans tomber dans le discours sucré. Et il doit surtout remettre de la simplicité dans une équipe qui s’est parfois compliquée la vie comme si elle jouait au sudoku en pleine surface.
Le match contre Montpellier doit donc servir de repère. Pas forcément un chef-d’œuvre, pas forcément une révolution tactique. Un repère. Une équipe qui sait ce qu’elle fait avec le ballon. Une équipe qui sait quoi faire quand elle ne l’a pas. Une équipe qui ne se désunit pas au premier contre, au premier coup de sifflet, au premier doute. Parce que la Ligue 2, c’est souvent ça: une compétition où l’on ne gagne pas seulement avec des idées, mais avec des nerfs.
Le Chaudron, juge de paix (et parfois procureur)
Geoffroy-Guichard peut être un accélérateur. Il peut aussi être un miroir grossissant. Dans une période où l’ASSE a besoin d’un déclic, l’ambiance peut porter… à condition de donner quelque chose à porter. Une équipe qui court, qui se parle, qui se bat sur les deuxièmes ballons, ça se nourrit du stade. Une équipe qui subit, qui s’agace, qui se disperse, ça se fait rattraper par le bruit, et pas dans le bon sens.
Montanier connaît la maison, il connaît la pression, et il sait que le public stéphanois a une qualité rare: il pardonne beaucoup, mais il détecte tout. La moindre triche, la moindre mollesse, la moindre posture, et le Chaudron devient un tribunal. Avec humour parfois, avec acidité souvent, mais toujours avec une exigence qui colle à l’histoire du club.
Ce samedi, l’ASSE n’a pas besoin d’un slogan. Elle a besoin d’un match plein. Un match qui dit: la saison n’est pas finie, et elle ne finira pas en s’excusant. Un match qui lance une série. Parce qu’à ce stade, la montée ne se raconte pas. Elle se prend. Point.