Pendant que l’équipe première joue sa saison sur un fil, un autre chantier avance, plus discret, moins bruyant, mais potentiellement décisif: la post-formation. Ce mot un peu froid cache une réalité très chaude pour un club comme l’ASSE. C’est l’endroit où l’on transforme des promesses en joueurs utilisables. Pas dans trois ans. Dans six mois, parfois.
Un sas entre le centre et le monde pro
Ce qui frappe, c’est la densité de profils qui gravitent déjà autour du groupe 1, ou qui apparaissent dans l’environnement immédiat du club. Des jeunes nés en 2007-2008 intégrés, des trajectoires venues de l’étranger, des joueurs repérés sur des postes ciblés. L’ASSE semble vouloir multiplier les options, comme si elle avait enfin accepté une vérité simple: on ne reconstruit pas un effectif durable uniquement avec des paris de mercato. Il faut aussi produire, accompagner, et donner du temps de jeu au bon moment.
Le cas du jeune avant-centre estonien aperçu à l’entraînement avec les pros illustre bien cette logique. Ce n’est pas une promesse de titularisation, ni même une annonce de groupe pour le week-end. C’est un signal: le club regarde ses jeunes comme des solutions possibles, pas comme des figurants de séance. Le niveau de certitude reste incertain sur une utilisation rapide en match officiel, mais l’ouverture est réelle.
Dans le même mouvement, la présence de plusieurs jeunes dans les sélections (U16, U17, U19, U20) rappelle que l’ASSE conserve une capacité d’attraction et de formation. Ce n’est pas nouveau historiquement, mais ce n’était pas toujours lisible ces dernières saisons. Là, on voit un fil conducteur: identifier tôt, encadrer, et créer une passerelle vers le haut niveau.
Évidemment, la post-formation ne gagne pas des matchs de Ligue 2 à elle seule. Elle ne remplace pas un latéral en souffrance ou un milieu qui manque de coffre. Mais elle peut éviter au club de se retrouver, chaque été, à acheter dans l’urgence ce qu’il aurait pu faire grandir en interne. Et à Saint-Étienne, où l’on aime les joueurs qui comprennent le maillot avant de comprendre les primes, ce n’est pas un luxe. C’est une stratégie.
Reste le plus dur: transformer cette dynamique en minutes réelles, en prêts intelligents, en trajectoires cohérentes. La post-formation, c’est comme une pelouse en hiver: si tu ne l’entretiens pas, tu finis par jouer dans la boue. Et l’ASSE, ces derniers temps, sait très bien ce que ça fait.