Le mercato, c’est souvent un miroir. Il ne dit pas seulement ce que tu veux. Il dit surtout ce que tu es. Cet hiver, l’ASSE a choisi une voie assez claire: renforcer tout de suite, sans renier l’idée de construire. Trois noms ressortent, trois profils différents, et une même conclusion: le club a compris que la montée ne se négocie pas avec des intentions.

Trois arrivées, une logique: solidité, duels, polyvalence

Julien Le Cardinal (28 ans) arrive de Brest. Un défenseur qui connaît les joutes françaises, passé par des contextes où il faut survivre autant que jouer. Ce n’est pas le recrutement “bling-bling”, c’est le recrutement “utile”. Celui qui doit stabiliser une ligne, parler, guider, et permettre aux autres de respirer.

Abdoulaye Kanté (20 ans) débarque en prêt avec option d’achat depuis Middlesbrough. Là, on est sur un pari plus dynamique: un milieu défensif formé à la dure, habitué à la Ligue 2, avec une mission très concrète. Récupérer, couvrir, répéter les efforts. Le genre de joueur qui ne fait pas toujours lever le stade… mais qui évite de le faire soupirer.

Aboubaka Soumahoro (20 ans) arrive lui aussi en prêt avec option d’achat, depuis Hambourg. Défenseur central, international U20, annoncé polyvalent (axe, côté, voire plus haut). C’est typiquement le genre de profil qui peut servir à deux vitesses: dépanner tout de suite, et devenir une pièce durable si la greffe prend. Niveau certitude, on est sur du probable: le talent est là, mais l’adaptation à l’urgence d’une course au sommet, c’est un autre sport.

Au passage, ces prêts avec option d’achat racontent une chose: l’ASSE veut garder la main. Ne pas se lier les mains trop tôt, mais se donner une porte de sortie si la montée arrive et que certains deviennent des évidences. C’est pragmatique. Et, en Ligue 2, le pragmatisme est souvent une forme d’intelligence.

Mais l’hiver ne se résume pas aux arrivées. Il ouvre aussi un dossier qui colle aux crampons: les fins de contrat en juin 2026. Cinq joueurs sont concernés dans l’effectif actuel: Dennis Appiah, Karim Cissé, Brice Maubleu, Jules Mouton, Florian Tardieu. Ce n’est pas un détail administratif, c’est un sujet sportif. Parce qu’à partir de février, un vestiaire sent très vite qui est “dans le projet” et qui est “en sursis”. Et parce qu’une montée se joue aussi sur la clarté des statuts.

Si l’ASSE remonte, certaines prolongations deviendront naturelles, d’autres beaucoup moins. Si elle ne remonte pas, la question changera de ton: reconstruire, oui, mais avec qui, et à quel prix? Ce n’est pas nouveau dans le football. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est l’impression que le club n’a plus envie de subir ces échéances. Il veut les piloter. Reste à gagner le droit de le faire: sur le terrain, dès maintenant.