Il y a des matchs qui sentent la poudre. Et puis il y a ceux qui sentent la poudre… avec l’allumette déjà craquée. Samedi 7 février 2026 à 20h, Geoffroy-Guichard accueille ASSE–Montpellier (22e journée). Premier rendez-vous de Philippe Montanier sur le banc. Premier verdict, aussi, sur la capacité des Verts à se remettre à l’endroit avant que la saison ne se transforme en longue marche arrière.
Le décor est simple, presque cruel. L’ASSE n’a plus le luxe de choisir ses victoires, ni même leur style. Il faut des points, vite. Et si possible sans se raconter d’histoires sur “le contenu” quand le classement, lui, ne lit que les chiffres. Dans ce contexte, Montanier n’arrive pas pour faire du tricot. Il arrive pour remettre des repères, réinstaller une hiérarchie, et surtout rendre l’équipe fréquentable dans les deux surfaces. Le reste viendra… ou ne viendra pas.
Le match des choix: structure, couloirs, et nerfs au milieu
La première question, c’est la structure. Montanier est un entraîneur qui aime les équipes organisées, capables de défendre ensemble et d’attaquer avec des circuits lisibles. On devrait donc voir une ASSE plus compacte, moins étirée, avec une volonté de sécuriser l’axe avant de libérer les côtés. Ce n’est pas une révolution romantique, c’est une remise en ordre. Et, vu l’urgence, c’est plutôt une bonne nouvelle.
La deuxième question, c’est le couloir droit et, plus largement, l’utilisation des nouveaux. Julien Le Cardinal arrive avec un profil de défenseur habitué aux joutes françaises, capable de jouer dans l’axe mais aussi de dépanner sur un côté selon les besoins. Son intégration peut être rapide, mais le degré de certitude reste probable plutôt que garanti: tout dépendra de son état de forme et de la lecture que Montanier fera de l’équilibre global.
Au milieu, l’ASSE a enfin mis la main sur un profil de récupérateur avec Abdoulaye Kanté, prêté avec option d’achat. Là aussi, l’idée est limpide: remettre de la densité, gagner des duels, couper des transitions, et éviter ces séquences où l’adversaire traverse le terrain comme s’il avait un abonnement “couloir rapide”. Reste une inconnue incertaine à ce stade: son temps de jeu immédiat. Un joueur peut être officialisé, qualifié, et pourtant encore trop juste pour démarrer à pleine charge.
Et puis il y a le cas Cardona, celui qui résume souvent l’ASSE actuelle: du talent, des intentions, mais une courbe qui s’est aplatie au mauvais moment. Montanier, s’il veut marquer son territoire, devra trancher: relancer un cadre en difficulté ou installer une concurrence nette, sans états d’âme. Dans un sprint de fin de saison, la psychologie compte. Mais la lucidité compte plus.
Face à Montpellier, l’ASSE n’a pas besoin d’un match parfait. Elle a besoin d’un match maîtrisé. Un match où l’on sait pourquoi on presse, pourquoi on recule, pourquoi on attaque. Un match où l’on ne se découvre pas à la 60e par impatience, comme si le football était un jeu de grattage. Si les Verts gagnent, même d’un but, même sans feu d’artifice, ce sera déjà un signal: l’équipe a retrouvé une colonne vertébrale. Si elle ne gagne pas, la suite ressemblera à une course avec un sac de sable sur le dos. Et là, l’humour acide deviendra vite un goût amer.