Geoffroy-Guichard a toujours été un théâtre. Ces derniers mois, il ressemble parfois à une pièce où tout le monde parle en même temps. Le terrain réclame du calme, les tribunes réclament de l’air, et la discipline de la LFP, elle, ne réclame rien: elle sanctionne.

Le club a déjà vécu des fermetures de kops ces dernières saisons, et l’actualité récente rappelle que le sujet n’est pas un vieux dossier rangé dans un tiroir. En décembre 2024, l’ASSE avait communiqué sur une fermeture des deux kops pour deux matchs fermes après usage d’engins pyrotechniques.

Plus récemment, la saison 2025-2026 a aussi été marquée par des sanctions touchant les tribunes, avec des décisions liées à l’usage d’engins pyrotechniques et à des expressions constatées. Le club a même détaillé des modalités de compensation pour les abonnés concernés, preuve que l’impact dépasse largement le symbole: il touche l’expérience stade, la billetterie, et l’avantage maison.

Le vrai danger: perdre l’avantage maison sans perdre un match

Dans ce contexte, le débat sur les drapeaux géants en kop n’est pas une querelle de confort. C’est un sujet de cohabitation. D’un côté, l’identité visuelle et sonore du Chaudron, ce qui fait sa réputation. De l’autre, une réalité simple: beaucoup viennent aussi pour voir un match de football. Pas seulement pour deviner où est le ballon à l’oreille.

Le problème, c’est que l’ASSE n’a pas le luxe de se diviser. Sportivement, l’équipe a besoin d’un stade qui pousse, pas d’un stade qui se crispe. Et quand la saison est déjà sous tension, chaque friction devient un amplificateur. Une banderole, un drapeau, un fumigène, une sanction… et l’on se retrouve à parler tribunes au lieu de parler jeu.

Ce qui est probable, c’est qu’un compromis finira par s’imposer, non pas par magie, mais par nécessité. Parce qu’un kop qui se fracture, c’est une ambiance qui se fragilise. Et une ambiance qui se fragilise, c’est un avantage sportif qui s’évapore. L’ASSE a déjà assez de problèmes à régler sur la pelouse pour s’en inventer dans les gradins.

Le plus ironique, c’est que tout le monde vise la même chose: un Geoffroy-Guichard vivant, bruyant, intimidant. Simplement, certains le veulent avec une vue dégagée, d’autres avec un drapeau au-dessus de la tête. À Saint-Étienne, même la géométrie est une affaire de passion.