Il y a des nominations qui sentent la planification. Et puis il y a celles qui sentent l’extincteur. Philippe Montanier, officiellement nommé le dimanche 1er février 2026, arrive à l’ASSE jusqu’à la fin de saison, avec une année en option. Le club a choisi l’expérience, le calme, et une forme de pragmatisme assumé: on ne promet pas la lune, on demande des points. Tout de suite.
Le décor, lui, ne fait pas dans la poésie. L’équipe est en crise de confiance, le vestiaire a besoin d’un cadre, et le calendrier ne laisse pas le temps de faire du tourisme tactique. Montanier a rencontré le groupe dès le dimanche matin, et il est présenté à la presse le lundi 2 février. Le message est clair: pas de sas, pas de période d’observation, on attaque.
Une mission commando, mais pas une mission aveugle
Le contrat court n’est pas un détail administratif, c’est une indication de méthode. L’ASSE se donne une porte de sortie, Montanier aussi. Ce n’est pas une marque de défiance, c’est une lucidité: la montée conditionne tout, y compris la suite du projet. Et dans ce genre de saison, la vérité ne se cache pas derrière des mots. Elle se lit au classement, et elle s’entend dans le stade quand la première relance est ratée.
Sur le terrain, Montanier n’arrive pas avec un dogme gravé dans le marbre. Son parcours raconte plutôt l’adaptation: Boulogne, Valenciennes, Real Sociedad, Rennes, Lens, Standard, Toulouse… des contextes différents, des effectifs différents, des exigences différentes. L’ASSE insiste d’ailleurs sur cette expérience « acquise dans des championnats et des cultures variés ».
Ce qui est probable, en revanche, c’est une recherche immédiate de structure. Pas forcément du spectacle. Une équipe qui cesse d’offrir des cadeaux, qui sait où elle défend, et qui retrouve des repères simples. Dans une Ligue 2 où l’enthousiasme ne suffit pas, la solidité est souvent la première pierre de la remontée.
Reste la question qui pique: que peut-on vraiment changer en quelques jours? Réponse honnête: pas tout. Mais on peut changer l’atmosphère. On peut clarifier les rôles. On peut remettre de la concurrence. Et surtout, on peut redonner un sens aux efforts. Dans un groupe qui doute, le football redevient vite un sport très compliqué. Dans un groupe qui croit, il redevient étonnamment simple.
Le prochain match, face à Montpellier, arrive comme un test immédiat. Pas un jugement définitif, mais un révélateur: l’ASSE est-elle capable de se remettre en ordre avant même de se remettre à jouer? Montanier n’a pas été recruté pour commenter la tempête. Il a été recruté pour la traverser.