Un match amical, mais pas une répétition pour rire
Il y a des amicaux qui sentent la séance de décrassage avec public poli. Et puis il y a ceux qui tombent au bon moment, pile quand une équipe cherche à recoller ses morceaux et à remettre du liant dans son jeu. Sainté-Auxerre, programmé en plein cœur de l’hiver et a priori à l’heure du déjeuner, appartient clairement à la deuxième catégorie.
Après le 0-0 au Mans, l’ASSE a surtout besoin d’une chose simple à formuler et compliquée à fabriquer: de la continuité. Continuité dans les associations, dans les repères, dans les courses. Un amical ne donne pas de points, mais il donne du temps. Et en janvier, le temps de jeu vaut parfois plus cher qu’un discours.
Ce rendez-vous peut aussi servir de rampe de relance pour ceux qui étaient absents au coup d’envoi au Mans. Chico, Moueffek, Jaber, Boakye: quatre profils différents, quatre manières d’apporter du rythme ou de la percussion, et une même utilité immédiate pour un staff qui cherche encore la bonne température de croisière. Rien ne dit qu’ils auront tous une grosse charge de minutes, mais l’idée est là: remettre des joueurs dans le circuit, sans attendre le prochain match officiel pour découvrir qu’il manque encore un boulon.
Reste un point à surveiller, plus sensible. Davitashvili a terminé le dernier match en grimaçant, et son état exact paraît encore incertain. Ce n’est pas une alerte rouge officielle, plutôt un doute raisonnable. Mais à ce stade de la saison, le moindre signal physique devient un sujet en soi: parce que l’ASSE a déjà payé cher les périodes où l’effectif se fragmente, et parce que l’équipe a besoin de ses joueurs capables de créer quelque chose quand le match s’enlise.
Auxerre, même en amical, offre un adversaire qui oblige à jouer juste. C’est parfait pour tester des équilibres, moins pour se raconter des histoires. Si Sainté veut y trouver un bénéfice, il faudra y mettre de l’intensité sans y laisser un mollet. L’art délicat du mois de janvier: avancer sans se casser.