Pendant que le Chaudron retient son souffle côté Ligue 2, l’ASSE Féminines vit aussi son mercato à haute tension. Moins bruyant, moins médiatisé, mais tout aussi décisif: quand on joue le maintien, chaque départ ressemble à une pièce qu’on retire d’un Jenga déjà instable.
Deux mouvements ressortent nettement. D’abord, le départ d’Adèle Connesson, annoncé comme acté. Ce n’est pas une surprise totale, et ce n’est pas non plus un détail: perdre une joueuse en cours de saison, c’est perdre des automatismes, des repères, parfois une partie du vestiaire. Ensuite, le cas Welma Fon, qui quitte également l’ASSE. Ce point n’est pas nouveau sur le fond, mais il prend une autre couleur quand il s’ajoute à une période où l’effectif doit surtout se renforcer, pas se délester.
Un mercato qui oblige à choisir: colmater ou relancer
Le départ de Connesson vers Lens est un mouvement qui se comprend dans la logique des carrières. Mais pour l’ASSE, l’enjeu est immédiat: comment compenser, et surtout comment éviter que l’équipe ne perde en tranchant dans les zones où elle en manque déjà? Dans un championnat où les matchs se jouent souvent sur un détail, l’attaque ne peut pas se permettre de devenir un chantier permanent.
Quant à Welma Fon, son passage au Vert n’aura pas eu le temps de s’inscrire dans la durée. L’ASSE avait officialisé son arrivée comme un renfort offensif, avec un profil de couloir rapide et décisif. Ce départ oblige à reposer la question de la cohérence sportive: l’ASSE veut-elle stabiliser un groupe, ou accepter une rotation forte en espérant que la mayonnaise prenne quand même?
La réponse n’est pas uniquement sportive. Elle est aussi structurelle. Les Féminines, comme souvent, vivent avec des équilibres plus fragiles: effectif plus court, marge financière plus serrée, et une dépendance plus forte à la dynamique. Quand ça gagne, tout paraît logique. Quand ça bouge trop, tout devient compliqué.
Ce qui est certain, c’est que l’ASSE doit vite clarifier sa ligne: recruter pour sécuriser le maintien, ou miser sur une montée en puissance interne. Les deux options existent, mais elles ne racontent pas la même ambition, ni la même prise de risque. Et à ce stade de la saison, le risque est rarement un bon conseiller.
Les prochaines semaines diront si ces départs sont des accidents de parcours ou le signe d’un mercato plus profond. Mais une chose est déjà acquise: les Vertes vont devoir marquer des points, et elles devront le faire avec une attaque à réinventer plus vite que prévu.