Un match à gagner, mais surtout à maîtriser
Samedi 31 janvier 2026, 20h, Geoffroy-Guichard. Sur le papier, c’est une affiche de Ligue 2 comme une autre: l’ASSE reçoit Boulogne. Dans la réalité, c’est un rendez-vous où tout peut basculer en une demi-heure. Parce que l’ASSE arrive avec une tension dans les épaules, et que le Chaudron, lui, n’a pas prévu de chuchoter.
Ce match, c’est d’abord un piège classique: l’équipe qui doit gagner, à domicile, dans une ambiance électrique, face à un adversaire qui n’a qu’un objectif simple et très Ligue 2: survivre, gratter, faire durer, et profiter de la moindre fissure. Et des fissures, l’ASSE en a montré ces dernières semaines. Pas forcément dans l’organisation pure, mais dans la capacité à rester lucide quand le scénario se complique.
Le danger numéro un, ce n’est pas Boulogne. C’est l’ASSE elle-même. Une équipe qui se crispe, qui veut trop bien faire, qui confond vitesse et précipitation. On l’a vu à Reims: dès le début, un fait de jeu peut faire monter la température. Là-bas, l’entame a été marquée par une sortie de Gautier Larsonneur, une faute à la limite, et une séquence qui a donné le ton d’un match nerveux.
À Geoffroy-Guichard, ce genre de moment peut devenir un accélérateur de panique… ou un déclencheur de révolte. Tout dépend de la réaction collective. Et c’est là que l’ASSE est attendue: dans la solidité mentale, dans la gestion des émotions, dans la capacité à ne pas se désunir au premier contre mal négocié.
Sur le terrain, l’équation est simple et pas très glamour: il faut être plus tueur dans les deux surfaces. L’ASSE a des situations, elle a des temps forts, mais elle manque de ce petit cran de méchanceté sportive qui transforme une occasion en but, et un duel en ballon récupéré. Lucas Stassin, Irvin Cardona, Augustine Boakye: les profils existent, mais la dynamique offensive reste fragile, parfois trop dépendante d’un exploit ou d’un détail.
Et puis il y a l’autre sujet, celui qui colle aux semelles quand les résultats grincent: l’exemplarité. Des rumeurs circulent, des histoires de sorties, des procès d’intention. Là-dessus, il faut rester prudent: beaucoup d’éléments sont incertains, invérifiables, et souvent exagérés. Mais même quand c’est flou, l’effet est réel: ça abîme l’image, ça nourrit la défiance, ça ajoute une couche de pression sur des joueurs déjà sous tension. Dans ce contexte, le capitaine, le gardien, les cadres n’ont pas seulement un rôle technique: ils ont un rôle de pare-feu.
Ce match contre Boulogne, l’ASSE ne le gagnera pas avec un grand discours sur le projet. Elle le gagnera avec des choses très concrètes: des duels gagnés, une transition bien jouée, un centre attaqué avec conviction, un retour défensif fait à 100%, et une équipe qui reste ensemble quand le stade gronde. C’est basique. C’est parfois moche. C’est souvent ce qui fait monter en Ligue 2.
Si l’ASSE gagne, elle se relance et elle se redonne de l’air. Si elle ne gagne pas, ce ne sera pas seulement deux points perdus: ce sera une semaine qui explose, un climat qui se durcit, et une saison qui se met à ressembler à une course avec un sac de sable sur le dos. À Sainté, on connaît ce film. Et personne n’a envie de revoir la même fin.