Quand la commission s’invite dans la course à la montée

À l’ASSE, l’adversaire n’est pas toujours en short. Parfois, il porte un costume et signe des décisions. La menace de sanctions en tribunes, avec un sursis et la perspective d’un huis clos partiel, n’a rien d’un détail folklorique. C’est un sujet sportif. Parce que Geoffroy-Guichard, en Ligue 2, reste une arme. Une arme qui ne marque pas de buts, mais qui pèse sur les jambes adverses et sur le moral des Verts quand le match se tend.

Le huis clos partiel, dans sa version la plus concrète, signifie une fermeture ciblée d’une zone précise, typiquement une partie basse d’une tribune. Ce n’est pas nouveau en soi, et ce n’est pas forcément synonyme de stade fantôme. Mais c’est une amputation. Et dans une saison où l’ASSE doit engranger à domicile, perdre une portion de ferveur, même limitée, c’est perdre un peu de ce qui fait la différence entre un nul frustrant et une victoire arrachée.

Le paradoxe, c’est que le club a besoin d’unité et de continuité. Les matchs retour se gagnent souvent à l’usure, avec un public qui pousse quand le jeu se grippe. Or, les sanctions viennent casser cette mécanique. Elles créent aussi une tension interne: entre la volonté d’expression, la nécessité de rester dans les clous, et la réalité froide du classement. La Ligue 2 ne distribue pas de points bonus pour “ambiance remarquable”. Elle distribue des points, tout court.

Le plus acide, dans l’histoire, c’est que l’ASSE n’a pas le luxe de se handicaper elle-même. Les Verts ont déjà assez de chantiers: stabiliser le milieu, retrouver de la régularité, sécuriser des dossiers contractuels, réussir un mercato utile. Ajouter un stade partiellement fermé à la liste, ce serait comme décider de courir un 1500 mètres avec un lacet défait. On peut y arriver. Mais pourquoi se compliquer la vie?

La meilleure nouvelle, finalement, c’est que le sursis laisse une marge. Une dernière chance, en quelque sorte. Et à Saint-Étienne, on sait ce que vaut une dernière chance quand elle est bien utilisée: elle peut faire basculer une saison. À condition de ne pas la brûler pour un feu de dix secondes.