Le banc qui tremble, et tout le club avec
Il y a des semaines où l’ASSE ne joue pas seulement un match. Elle joue une ambiance, une direction, une crédibilité. Et, depuis le revers à Reims (1-0) le samedi 24 janvier 2026, l’air est devenu plus lourd que d’habitude. Pas parce que tout est perdu, non. Parce que tout est encore possible… et que c’est précisément ça qui rend l’échec insupportable.
Le paradoxe est cruel: sportivement, les Verts restent dans le paquet. Mais émotionnellement, ils donnent l’impression d’avoir déjà grillé une cartouche de trop. Le coach, Eirik Horneland, se retrouve au centre de la tempête. Son idée de jeu, sa gestion des temps faibles, ses choix de profils au milieu, ses remplacements: tout est scruté, tout est disséqué, tout est contesté. Et quand un entraîneur devient un sujet en soi, c’est rarement bon signe.
Ce qui fragilise Horneland aujourd’hui, ce n’est pas seulement une défaite. C’est l’impression d’une équipe qui s’éteint par séquences, qui ne se révolte pas assez, qui manque de tranchant dans les deux surfaces. À Reims, l’ASSE a encore vécu ce scénario où l’on a des situations, des ballons à exploiter, et où la dernière décision ressemble à une porte qui claque. Le club l’a d’ailleurs reconnu à sa manière: il y avait de la maîtrise, mais pas la morsure. Et en Ligue 2, la morsure, c’est une monnaie plus fiable que la poésie.
Alors, que peut-il se passer maintenant? Deux options existent, et aucune n’est confortable. La première, c’est la continuité: Horneland reste, assume, et tente de retourner l’histoire avec le même cadre, en espérant que le groupe se recolle à son discours. La seconde, c’est l’électrochoc: un changement rapide, un intérim, une nouvelle voix. Sur ce point, il faut être clair: tout ce qui circule sur une éventuelle démission déjà posée puis refusée reste incertain à ce stade. Rien d’officiel, rien de vérifiable dans les canaux du club. Donc on ne peut pas bâtir une certitude là-dessus.
En revanche, une certitude existe: le prochain rendez-vous, c’est Boulogne au Chaudron, le samedi 31 janvier 2026 à 20h. Et ce match-là n’aura rien d’un match comme les autres.
Parce que Geoffroy-Guichard, quand il sent la peur, ne fait pas semblant. Il peut pousser, il peut porter, il peut aussi juger. Et l’ASSE, en ce moment, marche sur une ligne fine: transformer la colère en énergie, ou la laisser devenir un poison. Horneland, lui, joue sa partition la plus délicate: garder la tête froide, sans donner l’impression d’être déjà ailleurs. Dans ce genre de semaine, le moindre signe compte. Une séance ouverte, un mot mal interprété, un choix de onze… et la mèche reprend.
Au fond, la question n’est même plus “Horneland est-il un bon entraîneur?”. La question est plus brutale: Horneland peut-il encore entraîner cette ASSE-là, maintenant, dans ce contexte-là? C’est une nuance énorme. Et c’est souvent celle qui décide des fins d’histoire.