Le premier match d’Ian Cathro à la tête de l’AS Saint-Étienne s’est achevé sur un nul 2-2 contre le FC Biel-Bienne, le 11 juillet à l’Envol Stadium d’Andrézieux. Le résultat raconte imparfaitement cette ouverture de préparation. Les Verts ont mené 2-0 grâce à Joshua Duffus puis Enzo Mayilla, avant d’être rejoints par le troisième du dernier championnat de Promotion League suisse. Deux équipes stéphanoises presque entièrement différentes ont disputé une mi-temps chacune. Cette organisation transforme la rencontre en double test: une première période avec plusieurs cadres et recrues, puis une seconde confiée à un groupe beaucoup plus jeune.
Après dix jours d’entraînement, Cathro a commencé avec Gautier Larsonneur derrière Kevin Pedro, Julien Le Cardinal, Sohaib Naïr et João Ferreira. Maxime Bernauer et Luan Gadegbeku formaient la base du milieu, Jakob Breum et Irvin Cardona occupaient les zones de création, tandis que Lucas Stassin et Joshua Duffus animaient l’attaque. La composition associait des joueurs installés, deux des quatre recrues estivales et des éléments encore en quête d’un statut définitif. Elle permettait surtout d’observer les premières distances entre les lignes et la capacité à récupérer rapidement le ballon.
Une première période organisée autour de Breum et Duffus
L’ASSE a trouvé l’ouverture dès la huitième minute. Jakob Breum a initié le mouvement, Maxime Bernauer a servi Joshua Duffus et l’attaquant a conclu pour le 1-0. Le nouveau numéro 10 danois s’était déjà signalé par des transmissions vers Duffus et Cardona, avant de voir une frappe détournée. Saint-Étienne a joué avec davantage de vitesse et de discipline technique que son adversaire pendant cette séquence. Duffus a même approché le doublé sur un lob à la vingtième minute. En dehors d’une tête suisse, la défense conduite par Larsonneur a peu concédé avant la pause.
Cette maîtrise ne doit pas être surinterprétée, mais elle donne un premier repère sur les intentions de Cathro. Bernauer et Gadegbeku devaient offrir une sortie propre et protéger l’axe; Breum et Cardona cherchaient ensuite les intervalles autour des deux attaquants. L’équipe n’a pas attendu une longue installation pour accélérer, comme le montre le but construit en trois relais. Sohaib Naïr a également pu prendre ses premiers repères dans une ligne défensive remaniée. Face à un adversaire de troisième niveau suisse, l’intérêt résidait moins dans la possession brute que dans la qualité des connexions.
Le score de 1-0 à la pause validait cette première structure sans masquer le caractère expérimental de la rencontre. Les automatismes restent limités après dix séances et la charge physique de la préparation modifie les rythmes. L’ASSE a néanmoins produit une période lisible: peu d’occasions concédées, des circuits courts au milieu et plusieurs situations créées par le côté offensif de Breum. Pour un staff qui installe de nouvelles consignes, obtenir des séquences reconnaissables constitue un indicateur plus utile qu’une domination constante en juillet.
La jeunesse a marqué puis perdu le contrôle
Cathro a changé ses onze joueurs pour la seconde période. Alexis Colombet a pris place dans le but derrière Axel Dodote, Mickaël Nadé, Nathan Kasia Nkondo et Ebenezer Annan. Jebryl Sahraoui, Aïmen Moueffek, Adam Baallal, Igor Miladinovic et Medhy Lutin Zidée accompagnaient Enzo Mayilla dans une équipe rajeunie. Oussama Benkou, David Mimbang et Tom Teillol sont ensuite entrés. Ce renouvellement massif a permis d’évaluer davantage de joueurs, mais il a aussi supprimé les repères construits avant la pause.
Le début du second acte a pourtant été idéal. Après une tentative de Lutin Zidée repoussée par le gardien, Enzo Mayilla a marqué d’une frappe sèche dès la 46e minute. À 2-0, l’ASSE possédait un avantage confortable et un but signé par un jeune attaquant appelé à se montrer durant l’été. La suite a changé la lecture du match. Dzonlagic a réduit l’écart sur penalty à la 54e minute, malgré le bon départ de Colombet, puis Beltran a égalisé à la 72e. L’Équipe a décrit une formation stéphanoise moins structurée techniquement et tactiquement après la pause.
La perte du contrôle rappelle la difficulté de maintenir une identité lorsque tous les postes changent simultanément. Elle ne permet pas d’accuser un joueur ou une ligne en particulier, mais elle fournit au staff des séquences précises à revoir: réaction après la perte, occupation de l’axe, gestion d’une avance et coordination d’une défense sans vécu commun. Axel Dodote a encore eu une possibilité de redonner l’avantage aux Verts en fin de rencontre, mais son contrôle trop long a fermé le face-à-face. Le 2-2 est resté le score final.
Le prochain test contre le Servette Genève, annoncé à huis clos, doit permettre de prolonger l’observation avec une opposition différente. L’ASSE affrontera également les Glasgow Rangers pendant sa préparation. L’enjeu sera de conserver les intentions visibles lors de la première période tout en réduisant l’écart de maîtrise entre les associations de joueurs. Le groupe jeune a apporté de l’énergie et un but; il doit maintenant gagner en distances collectives. Les cadres et recrues ont offert une base plus stable, qui devra résister à une intensité supérieure.
Ce premier rendez-vous laisse donc trois enseignements concrets. Breum a déjà participé à la création d’occasions, Duffus et Mayilla ont marqué, et la rotation complète a exposé le chantier collectif de la seconde équipe. Cathro dispose d’images utiles plutôt que d’un verdict. La préparation sert précisément à confronter une idée de jeu à des erreurs réelles, puis à vérifier dès le match suivant si elles sont corrigées. Le nul d’Andrézieux fixe le premier point de comparaison de cette construction.