Il y a des défaites qui font mal au classement. Et puis il y a celles qui font du bruit dans les murs. Reims, le 24 janvier 2026, appartient à la deuxième catégorie. Parce que l’ASSE n’a pas seulement perdu 1-0. Elle a surtout perdu le fil, ce truc invisible qui permet de transformer une supériorité numérique en siège organisé, et pas en rond-point de passes tièdes.

Le scénario avait pourtant tout pour offrir un tournant. Un match fermé, une expulsion rémoise à la 55e, et donc plus d’une demi-heure pour faire plier un concurrent direct. Au lieu de ça, Saint-Étienne a laissé Reims respirer, se regrouper, et frapper au bon moment. Le but d’Hafiz Ibrahim à la 70e a eu l’effet d’un couvercle sur une casserole déjà à court d’eau.

Ce qui inquiète, ce n’est pas seulement l’inefficacité. C’est la sensation d’une équipe qui ne sait plus très bien comment attaquer quand elle doit attaquer, ni comment accélérer quand le match l’exige. Les chiffres racontent une domination territoriale (possession, tirs), mais ils ne racontent pas l’essentiel: l’absence de séquences qui étouffent l’adversaire, l’absence de rythme, l’absence de menace continue.

Dans ce contexte, la question Horneland n’est plus un débat d’esthétique. Elle devient une question de pilotage. L’entraîneur norvégien a déjà tenté des ajustements ces derniers mois, mais Reims renvoie une image cruelle: quand l’ASSE doit improviser, elle improvise mal. Et quand elle doit imposer, elle impose peu. Le plus gênant, c’est que cette impression ne date pas d’hier: elle s’est simplement cristallisée dans un match qui devait servir de décollage.

Alors oui, il y a des circonstances. Des absences, des retours, des joueurs pas à 100%. Mais l’argument finit par s’user quand la même soirée se répète sous des formes différentes. À Reims, les changements tardifs (notamment à la 88e) ont aussi alimenté ce sentiment d’un banc utilisé comme un parapluie ouvert après l’averse.

À l’instant T, une chose est certaine: rien n’indique officiellement que la décision est prise concernant Horneland. On est donc sur un terrain incertain. Mais l’idée qu’il soit fragilisé est probable, parce que la défaite arrive au pire moment, et parce que plusieurs médias évoquent un entraîneur en grand danger.

Boulogne, match de foot… et match d’ambiance

Le calendrier, lui, ne fait pas de psychologie. Boulogne arrive à Geoffroy-Guichard le samedi 31 janvier 2026 à 20h. Et ce rendez-vous ressemble déjà à un test de température. Pas seulement pour l’équipe. Pour le club entier.

Parce qu’une semaine, dans une saison, c’est court. Mais dans une crise de confiance, c’est long. Très long. Chaque entraînement devient un indice, chaque choix un message, chaque silence une interprétation. Et l’ASSE n’a pas besoin d’un feuilleton de plus: elle a besoin d’un cap lisible.

Si Horneland reste, il lui faudra plus qu’un discours: il lui faudra une réponse immédiate sur le terrain, une équipe qui joue simple, vite, et méchamment. Si Horneland part, le club devra assumer un virage en pleine saison, avec un objectif qui ne pardonne pas: remonter. Dans les deux cas, Boulogne n’est pas un match “comme les autres”. C’est un match qui peut faire basculer l’air du Chaudron d’un soupir collectif à une vraie relance.