Un mercato qui ne fait pas semblant
Quand une équipe recrute en janvier, c’est rarement pour décorer. C’est pour corriger. Pour réparer. Pour survivre. Et l’ASSE Féminines, cette saison, est clairement dans la catégorie “survie”, avec un maintien à aller chercher à la force des mollets et à la lucidité dans les deux surfaces.
Vendredi 23 janvier 2026, le club a officialisé l’arrivée de Tyler Isgrig, 21 ans, en provenance de Baylor University, au Texas. Troisième recrue hivernale après Moira Kelley et Kaylan Bradford-Williams, et un signal limpide: l’ASSE a décidé d’agir vite, et d’agir beaucoup.
Isgrig arrive avec un profil offensif, capable d’évoluer plus haut, et avec une production chiffrée qui attire forcément l’œil: 10 buts et 8 passes décisives sur sa saison 2025 en NCAA, avec des distinctions individuelles dans sa conférence. Sur le papier, c’est du concret. Sur le terrain français, ce sera un autre sport, au sens presque littéral du terme: moins d’espaces, plus de duels, plus de gestion des temps faibles.
Ce recrutement raconte aussi une stratégie. L’ASSE élargit son radar, assume une filière nord-américaine, et cherche des joueuses prêtes à apporter immédiatement. Ce n’est pas un caprice exotique, c’est une réponse à une réalité: quand on est sous pression, on ne peut pas attendre que “ça prenne” sur six mois. Il faut que ça prenne sur six semaines.
Le pari, évidemment, c’est l’adaptation. Probable qu’une joueuse aussi jeune ait besoin d’un temps de réglage. Incertain, en revanche, de savoir si ce temps existe vraiment dans une course au maintien. C’est là que le staff doit être fin: intégrer sans déséquilibrer, donner des minutes sans brûler, et surtout construire une animation offensive qui ne repose pas sur une seule nouveauté.
Ce mercato d’hiver des Vertes a au moins une vertu: il met tout le monde face à ses responsabilités. Le club investit, le groupe doit répondre. Et si l’ASSE veut que cette deuxième partie de saison ressemble à autre chose qu’à une longue grimace, il faudra que ces recrues ne soient pas seulement des noms sur un communiqué, mais des solutions sur le terrain.