À l’ASSE, il y a des sujets qui finissent toujours par revenir. Le jeu, le recrutement, les résultats… et puis, plus sourdement, la gouvernance. Pas parce que les supporters aiment les organigrammes pour le plaisir. Parce que quand les rôles semblent se brouiller, la responsabilité sportive finit par se diluer. Et quand la responsabilité se dilue, la progression aussi.

Dans les échanges, une idée revient avec une obstination presque mécanique: un club ne peut pas fonctionner comme une pièce de théâtre où chacun joue son rôle… sans que le public sache qui tient la mise en scène. Le débat porte sur la clarté des fonctions, sur la hiérarchie réelle, sur la capacité à piloter un projet sur la durée. Et surtout, sur la cohérence entre ce qui est annoncé et ce qui est observé.

Le point le plus sensible, c’est le lien entre recrutement et pilotage. Un directeur sportif, un coordinateur sportif, une cellule de recrutement: les mots existent, mais ce qui compte, c’est la réalité du pouvoir. Qui fixe les priorités? Qui valide les profils? Qui arbitre quand une piste dérape? Quand les réponses ne sont pas nettes, le doute s’installe. Et le doute, à Saint-Étienne, n’a jamais été un luxe.

Le débat est aussi alimenté par une frustration plus large: le sentiment d’un déclassement progressif, d’une perte de repères, et d’une impression que le club avance en “mode réparation” plutôt qu’en “mode construction”. Là encore, le niveau de certitude sur certains détails internes reste incertain, parce que les informations précises sur les responsabilités exactes ne sont pas toujours publiques. Mais la perception, elle, est bien réelle: quand l’organigramme n’est pas lisible, l’exigence sportive devient plus dure à canaliser.

Le flou coûte plus cher que prévu

On peut discuter longtemps des intitulés. Mais au fond, la question est simple: un club qui veut remonter doit savoir qui décide, qui exécute, et qui corrige. Sinon, on se retrouve avec des décisions qui se contredisent, des priorités qui changent au gré des urgences, et une équipe qui finit par payer le prix de la confusion.

Probable: l’ASSE cherche à fonctionner avec un modèle plus horizontal, avec des rôles partagés. Incertain: la lisibilité de ce modèle pour l’extérieur et, surtout, son efficacité dans la durée. Mais une chose est sûre: dans un championnat où chaque détail compte, le flou n’est pas neutre. Il se transforme en points perdus, en saisons qui s’étirent, et en énergie gaspillée.