La Ligue 2 adore les scénarios, l’ASSE doit aimer les points

Il y a deux façons de vivre une journée de Ligue 2. La première, c’est de regarder les autres en espérant un alignement des planètes. La seconde, c’est de se rappeler que même quand les planètes s’alignent, il faut encore savoir marcher droit. Et l’ASSE, ces dernières saisons, a parfois trébuché sur un trottoir parfaitement plat.

Ce samedi 24 janvier 2026, l’actualité du championnat a ce parfum particulier: des matchs qui concernent directement la course en haut, et donc, par ricochet, la soirée des Verts à Reims. Guingamp-Troyes, Red Star-Boulogne… des affiches qui, sans être des “classiques”, pèsent lourd dans une Ligue 2 où l’écart entre euphorie et crispation tient souvent à un corner mal défendu.

Le premier enseignement, c’est que rien n’est simple. Troyes, même leader, n’a pas un tapis rouge déroulé à chaque déplacement. Guingamp, chez lui, sait rendre les matchs pénibles, et c’est souvent dans ce genre de contexte que les équipes de tête laissent filer des points. Ce n’est pas une révélation, c’est une constante: la Ligue 2 ne respecte pas les statuts, elle respecte les duels.

Le deuxième, c’est que le Red Star reste un concurrent qui ne disparaît jamais vraiment du rétroviseur. Même quand ça tangue, même quand ça se complique, il y a une capacité à rester dans le match, à gratter, à survivre. Et dans une course à la montée, survivre est parfois une compétence plus utile que briller.

Mais le plus important, c’est ce que ces résultats racontent à l’ASSE. Ils racontent que le championnat peut offrir des fenêtres. Des petites. Des étroites. Et qu’il faut être prêt à passer dedans au moment où elles s’ouvrent. Parce que la fenêtre, elle ne reste pas ouverte. Elle claque, et elle claque fort.

À Reims, l’ASSE n’a pas à faire des calculs savants. Elle a à faire un match adulte. Un match où l’on accepte de souffrir sans paniquer, où l’on sait garder le ballon quand il faut respirer, où l’on ne confond pas “intensité” et “précipitation”. Si les autres lâchent des points, tant mieux. Mais si Sainté n’en prend pas, l’opportunité devient une anecdote.

La Ligue 2 adore les scénarios, les retournements, les buts tardifs. L’ASSE, elle, doit aimer quelque chose de plus simple: le classement. Et pour ça, il n’y a pas de raccourci. Il y a 90 minutes à Reims, et une obligation morale: ne pas attendre que les autres fassent le travail à sa place.