Le mercato, c’est souvent une fête. Des arrivées, des photos, des promesses. À l’ASSE, la fête a un détail qui fâche: la saison commence vite, et la Ligue 2 ne pardonne pas les effectifs “en construction permanente”. Alors oui, on peut rêver d’un groupe complet dès la reprise. Mais la réalité, c’est que la bataille se joue ailleurs. Dans les départs. Dans la capacité à faire de la place. Dans le courage de trancher.
Quand on regarde l’ossature évoquée autour du club, on comprend vite le problème: certains secteurs sont déjà garnis, d’autres ressemblent à un chantier ouvert. Le gardien, par exemple, ne peut pas être traité comme un “plus”. Une doublure, c’est la sécurité. Le latéral gauche, c’est la stabilité. Le milieu, c’est la colonne vertébrale. Et l’attaque, elle, dépend directement des sorties. Si des joueurs partent, il faut remplacer. Si des joueurs restent, il faut assumer la concurrence. Dans tous les cas, il faut de la cohérence.
Le club a aussi une contrainte sportive: laisser du temps de jeu aux jeunes. Pas par romantisme. Par nécessité. Une équipe qui empile les profils sans logique, c’est une équipe qui s’éparpille. Et à l’ASSE, on a déjà payé ce genre de déséquilibre. Quand les rotations se font au hasard, la confiance ne suit pas. Les automatismes non plus. Et au bout de quelques semaines, on se retrouve à courir après un match qu’on n’a pas préparé.
Les discussions autour de certains dossiers montrent une tension classique: entre l’envie de conserver des joueurs “parce qu’ils ont un contrat” et l’obligation de construire un groupe qui joue ensemble. Dans un mercato, il y a des décisions qui ne sont pas glamour. Elles ne font pas de buzz. Elles ne donnent pas lieu à des montages. Elles consistent à dire: “On ne peut pas tout garder.” Et à organiser les sorties pour que les arrivées aient un sens.
Le cas des joueurs dont l’avenir semble incertain pèse sur la planification. Si un départ se confirme, il faut anticiper le poste à remplacer. Si un départ tarde, le recrutement se met à tourner en rond. Et si le recrutement tourne en rond, la préparation devient une suite de réglages au lieu d’une construction. L’ASSE n’a pas le luxe de perdre des semaines à bricoler.
Ce qui rend le moment crucial, c’est la proximité du championnat. On n’est pas dans une période où l’on peut se permettre d’attendre “que ça se fasse”. On est dans une période où chaque semaine compte. Et c’est là que l’ASSE doit être tranchante: priorités claires, arrivées ciblées, et dégraissage assumé. Sinon, on aura un effectif qui ressemble à une vitrine, mais qui ne ressemble pas à une équipe.
Le mercato d’été 2026 peut devenir un tournant. Pas parce qu’il y aura “plus de recrues”. Parce qu’il y aura une logique. Une logique qui respecte la méthode de l’entraîneur, la réalité de la Ligue 2, et le besoin de construire un groupe solide. À l’ASSE, les arrivées sont la vitrine. Les départs, eux, sont le moteur. Et pour l’instant, c’est le moteur qui doit être remis en marche.