À l’ASSE, on peut aimer ou détester le style. On peut aussi s’énerver sur les choix de recrutement. Mais il y a un sujet qui revient, obstiné, presque mécanique: qui décide, qui pilote, qui rend des comptes? Pas pour faire de la sociologie de comptoir. Pour une raison très simple: quand les responsabilités semblent floues, la confiance se fragilise. Et la confiance, au football, c’est du carburant.

Dans les échanges récents, l’attention se porte notamment sur l’organigramme et sur la manière dont les rôles sont perçus. Le club a déjà communiqué sur certaines fonctions, comme la nomination de Loïc Perrin au sein de la direction sportive, avec un cadre officiel autour de ses responsabilités. Et il existe aussi des éléments publics sur la cellule de recrutement, avec l’intégration d’Ilan sous la responsabilité de Loïc Perrin.

Le problème n’est donc pas l’absence totale d’informations. Le problème, c’est l’écart entre l’organigramme “sur le papier” et la perception “dans la tête”. Quand un supporter ne sait pas comment s’articulent les décisions, il comble les trous. Et il comble souvent avec des hypothèses. Probable que ce soit une des raisons pour lesquelles les débats prennent parfois une tournure personnelle: on cherche un responsable visible, parce que c’est plus confortable que d’admettre que le système est complexe.

Le rôle de la direction sportive, lui, n’est pas un détail. Un directeur sportif, ce n’est pas seulement un nom sur un organigramme. C’est une ligne sportive, une cohérence de recrutement, une capacité à dire “non” quand le marché propose trop. Si cette cohérence n’est pas lisible, le recrutement peut donner l’impression d’être guidé par les opportunités plutôt que par un modèle. Et quand le modèle n’est pas clair, l’équipe devient une collection de profils. Pas une équipe.

Il y a aussi un enjeu de communication interne. Un club peut avoir une organisation très structurée, mais si elle n’est pas expliquée, elle reste invisible. Et l’invisible, ça nourrit les soupçons. L’ASSE n’a pas besoin de tout dévoiler au millimètre. Elle a besoin d’être cohérente: dire qui pilote quoi, et comment la stratégie sportive se traduit en choix concrets. Sinon, chaque recrutement devient un pari isolé. Et les paris isolés, ça finit par coûter des points.

Au fond, ce que réclament les voix les plus critiques, c’est une chose: que la responsabilité soit assumée et lisible. Pas pour “punir” qui que ce soit. Pour que le club avance avec une direction claire. Parce que sur le terrain, les joueurs peuvent courir, presser, combiner. Mais ils ne peuvent pas compenser un manque de cohérence. Et à l’ASSE, la cohérence doit être aussi forte que l’envie.