Le jour de reprise, l’ASSE a eu droit à un supplément d’âme. Pas celui qu’on chante. Celui qui s’accroche aux banderoles, aux regards, aux phrases qui claquent. Deux dossiers reviennent avec insistance: Ekwah et Loïc Perrin. Et, à Saint-Étienne, quand un nom devient un symbole, il ne reste jamais longtemps tranquille.
Sur Ekwah, les messages évoqués sont clairs: une hostilité assumée, avec l’idée qu’il n’aurait pas sa place, et une volonté de voir le dossier se refermer. Le lien avec la fermeture au public des entraînements est aussi discuté: probable que ce huis clos arrange tout le monde, ne serait-ce que pour éviter que le moindre pas sur le terrain ne devienne un événement. Niveau probable, l’objectif est de réduire la friction immédiate, pas de régler le fond.
Sur Perrin, en revanche, le ton monte plus vite. Les banderoles rapportées vont jusqu’à demander un départ, avec une formule qui vise directement le poste. Et là, le malaise est double. D’un côté, il y a la colère sportive: des résultats décevants, une impression de flou, et la frustration de voir un club qui n’avance pas au rythme attendu. De l’autre, il y a la question du respect, parce que Perrin n’est pas un inconnu de passage. Il a une histoire avec le maillot, et même ceux qui critiquent son rôle actuel reconnaissent qu’on ne traite pas une figure de la même manière qu’un simple dossier administratif.
Ce qui rend la situation explosive, c’est l’écart entre ce qui est reproché et ce qui est prouvé. Les accusations évoquent un “emploi fictif” ou un rôle réduit à la signature. Niveau incertain: sans éléments tangibles publics, il est difficile de trancher. Mais l’idée, elle, circule, et elle suffit à nourrir l’acharnement. À l’ASSE, on peut contester un travail. On peut aussi demander des comptes. Le problème, c’est quand la contestation devient une mise au pilori sans dossier clair.
Les réactions internes montrent d’ailleurs que tout le monde n’adhère pas à la méthode. Certains estiment que l’hostilité envers Perrin “ne vient pas de nulle part”, tout en refusant la violence du “dégage”. D’autres, au contraire, jugent que l’insulte et la pression publique sont indignes, même si le débat sur la pertinence du coordinateur sportif peut exister. Et au milieu, il y a une réalité simple: si le club veut avancer, il faut que les tensions ne mangent pas le travail.
Le plus piquant, c’est que ces banderoles ne tombent pas dans un vide. Elles arrivent au moment où Cathro démarre, où le groupe doit retrouver des repères, et où l’ASSE a besoin d’un climat stable. Les tribunes peuvent être un thermomètre. Mais quand elles deviennent un incendie, elles finissent par brûler ce qu’elles prétendent défendre.