À l’ASSE, certains joueurs deviennent des symboles malgré eux. Ben Old en fait partie. Pas parce qu’il serait “mauvais” par nature. Plutôt parce que son profil, son utilisation et les attentes autour de lui finissent par se télescoper. Et quand ça se télescope, le débat prend de la vitesse.
Le premier point, c’est le rôle. Un ailier ou un latéral moderne doit apporter des choses très concrètes: du un contre un, des centres exploitables, une capacité à créer une supériorité. Quand le jeu ne trouve pas ses angles, on finit par juger le joueur sur ce qu’il n’a pas réussi à produire. Et dans un championnat où les défenses sont compactes, l’exigence est encore plus forte.
Ensuite, il y a l’image. Old a une réputation de sérieux, de disponibilité, d’attitude. Sur le terrain, ça compte. Mais dans un club qui vise la montée, l’attitude ne suffit pas à elle seule. On peut être irréprochable et, malgré tout, ne pas être décisif au bon moment. Le football est cruel comme ça: il récompense la production, pas la bonne volonté.
Le débat autour de son apport se résume souvent à une question: est-ce que le joueur “fait le job” pour le système de l’ASSE? Ou est-ce qu’il occupe une place qui devrait être tenue par un profil plus tranchant? Les avis divergent, mais la tension est compréhensible. L’ASSE ne peut pas se permettre d’avoir des postes où l’impact est limité, surtout quand l’équipe doit gagner des matchs serrés.
Ce qui rend la discussion intéressante, c’est qu’elle révèle un problème plus large: la difficulté à aligner les profils recrutés avec les besoins exacts du terrain. Quand un joueur est utilisé sur plusieurs positions, il peut être utile. Mais il peut aussi devenir un “joker” qui ne correspond jamais parfaitement à la case où il devrait être le plus dangereux.
À l’ASSE, l’enjeu n’est pas de “taper” sur un joueur. L’enjeu est de savoir si le club a la bonne stratégie pour construire un effectif qui monte. Et ça passe par une règle simple: chaque poste doit avoir un titulaire capable d’apporter une valeur claire. Pas seulement une valeur “acceptable”. Une valeur qui change le match.
Si Old est conservé, il faudra que son rôle soit assumé, cadré, et surtout qu’il soit au service d’un plan de jeu où ses qualités deviennent des armes. Si le club décide de s’en séparer, il faudra alors recruter un profil qui répond à la même exigence, mais avec plus de tranchant. Dans les deux cas, la cohérence doit primer.
Parce qu’au final, le débat sur Old n’est pas un débat sur une personne. C’est un débat sur la montée. Et la montée, elle, ne pardonne pas les zones grises.