Geoffroy-Guichard veut du monde, le site veut du calme

On peut perdre un duel au milieu, rater un contrôle, même concéder un but gag. Mais rater l’achat d’un billet à cause d’un message “une erreur s’est produite”, c’est une autre forme de frustration. Plus moderne, plus silencieuse, et tout aussi efficace pour faire monter la tension. À l’approche de Sainté-Clermont, plusieurs tentatives d’achat se heurtent à des blocages techniques, sur différents navigateurs et supports, notamment au moment d’utiliser un avoir. Ce genre de bug n’a rien d’exotique: il suffit d’un pic de connexions, d’un module de paiement capricieux, ou d’une gestion des avoirs mal intégrée pour transformer une opération simple en parcours d’obstacles.

Le timing, lui, n’est pas anodin. L’ASSE a besoin d’un stade plein, d’une atmosphère qui pousse, et d’une billetterie fluide. Parce que la Ligue 2, c’est aussi ça: des matchs qui se gagnent à l’énergie, et une enceinte qui doit rester un avantage, pas un décor. Quand l’accès au stade devient compliqué, même temporairement, le club se tire une balle dans le pied… et pas sur coup franc.

Le plus probable, dans ce type de situation, c’est un incident ponctuel qui se résout en quelques heures. Mais l’épisode rappelle une évidence: la billetterie est devenue un maillon sportif. Elle conditionne l’affluence, donc l’ambiance, donc parfois la performance. Et dans une saison où chaque point compte, l’ASSE ne peut pas se permettre de perdre des supporters… sur un bug.

Il y a une ironie là-dedans: Geoffroy-Guichard a longtemps été un stade où l’on entrait avec un billet froissé dans la poche, parfois acheté au dernier moment, parfois transmis comme un trésor. En 2026, le trésor, c’est un QR code. Et le dragon à vaincre, c’est un serveur qui tousse. L’époque est formidable, à condition qu’elle fonctionne.