Sans Zuriko, l’ASSE perd son accélérateur… et Reims adore les autoroutes
Reims-ASSE, samedi 24 janvier 2026 à 20h: un match de Ligue 2 qui sent la bascule. Pas parce qu’il offre un trophée. Parce qu’il offre une trajectoire. Et dans ce genre de soirée, il suffit d’un détail pour transformer une équipe en prétendante crédible… ou en candidate au “on verra au printemps”.
Le détail du moment, c’est Zuriko Davitashvili. Son absence est annoncée comme probable, avec l’idée d’une gêne légère mais suffisamment pénible pour le sortir du tableau. Probable, pas certain: on est sur le terrain glissant des infos de veille de match, où une photo d’entraînement peut faire trembler plus qu’un tacle en retard. Mais si Zuriko manque, l’ASSE perd son joueur le plus capable de créer une action tout seul, celui qui transforme une transition moyenne en occasion nette.
Et c’est là que Reims devient un adversaire particulièrement mal choisi pour jouer sans accélérateur. Parce que Reims, dans ce match précis, c’est d’abord une histoire de couloirs. Des joueurs de côté qui aiment provoquer, répéter les courses, étirer, user. Une équipe qui te fait défendre en largeur, puis te punit quand tu commences à défendre en retard. L’ASSE, elle, arrive avec une question simple et un peu cruelle: qui va tenir les ailes, et avec quel équilibre?
Le casse-tête est double. D’un côté, il y a la composition. On a vu apparaître l’idée de Ben Old à gauche, solution de dépannage ou vraie option. Le problème n’est pas Old en soi: c’est ce que ça implique derrière lui. Si ton ailier n’est pas un spécialiste du repli, ton latéral se retrouve à défendre deux joueurs, et ton axial le plus proche finit aspiré. Contre une équipe qui insiste sur les côtés, c’est une façon élégante de se fabriquer des sueurs froides.
De l’autre côté, il y a le retour de João Ferreira, et la tentation de le remettre vite, très vite, dans le onze. Là encore, prudence: un joueur qui revient, c’est une bonne nouvelle… sauf si on lui demande immédiatement de gérer le duel le plus ingrat du match, face à un couloir rémois qui va tester son rythme, ses appuis, et sa lucidité. Le poste de latéral, c’est déjà une vie difficile. Le poste de latéral au retour de blessure, c’est une vie encore plus courte.
Dans ce contexte, Horneland a un choix à faire: sécuriser ou provoquer. Sécuriser, c’est accepter un match plus fermé, plus patient, avec une équipe compacte, des distances courtes, et l’idée de survivre aux temps forts rémois. Provoquer, c’est tenter de les piquer en transition, même sans Zuriko, en misant sur la vitesse d’exécution, les appels de Stassin, et la capacité de Boakye à attaquer la profondeur quand l’adversaire se découvre.
Le piège, c’est de vouloir faire les deux à moitié. Être prudent sans être compact, c’est subir. Vouloir contrer sans vitesse ni précision, c’est rendre le ballon et recommencer à défendre. Et à Reims, défendre longtemps, c’est souvent défendre mal à un moment donné.
Il y a aussi un élément psychologique: l’ASSE sort d’une victoire qui a remis un peu d’air dans les poumons. Reims, lui, est un concurrent direct dans la zone haute. Ce match n’est pas une finale, mais il ressemble à ces rencontres qui laissent une trace dans les têtes. Une victoire, et tu changes le récit. Un nul, tu restes dans le flou. Une défaite, et tu te remets à compter les points comme on compte les jours avant la fin du mercato.
Si Zuriko est forfait, l’ASSE devra gagner autrement: par la discipline, par la gestion des temps faibles, par une meilleure utilisation du ballon dans les zones intermédiaires. Ce n’est pas glamour. C’est même un peu acide à dire, mais c’est la vérité de la Ligue 2: tu ne montes pas seulement avec des artistes. Tu montes avec des équipes qui savent traverser un match sans leur meilleur soliste.