À l’ASSE, on parle beaucoup de “chantier”. C’est le mot qui revient quand l’équipe ressemble à un puzzle dont il manque trois pièces et où, en plus, certaines pièces ne sont pas de la même boîte. Et cet été 2026, le chantier a une odeur très particulière: celle d’un recrutement qui doit coller au projet, sinon il ne sert à rien.
Dans les conversations, une idée domine: certains profils seraient “intransférables” parce qu’ils donnent une base. Derrière, on cite Pedro, Le Cardinal, Jaber, et devant Boakye. Au milieu, Eymard et El Jamali reviennent comme des repères. L’ensemble dessine une logique: garder ce qui stabilise, et reconstruire autour. Le reste serait potentiellement sur le marché, avec l’idée qu’il faut arrêter de faire semblant que tout le monde peut jouer ensemble “par magie”.
Le point le plus intéressant, c’est que la reconstruction n’est pas pensée comme un simple changement de têtes. Elle est pensée comme un changement de profils. On réclame un vrai latéral capable de défendre et d’apporter offensivement, des milieux qui tiennent la transition, et des attaquants qui ne soient pas juste “là pour courir”. En clair: on veut des joueurs qui acceptent le travail ingrat, celui qui ne fait pas toujours les gros titres.
Et puis il y a la tentation de la braderie. L’idée circule qu’il faudrait “monter une braderie” pour transférer une partie de l’effectif. Sur le papier, ça peut sembler efficace: libérer de la masse salariale, récupérer des liquidités, accélérer. Dans la réalité, une braderie est souvent un aveu: on ne sait pas exactement quoi faire, alors on vend vite. L’ASSE n’a pas besoin de vitesse. Elle a besoin de justesse.
Un autre débat traverse le mercato: faut-il conserver Old, et dans quelles conditions? Certains y voient une attitude positive et une concurrence nécessaire, d’autres rappellent que le poste de latéral gauche ne peut pas être un “plan B” permanent. C’est là que le mercato devient tactique. Si l’ASSE garde un joueur comme Old, il faut lui donner un rôle clair: rotation, concurrence, progression. Pas un rôle de titulaire par défaut, sinon le projet s’abîme.
Le milieu est présenté comme le secteur crucial. On insiste sur la nécessité de recruter qualitatif, parce que c’est là que se gagne (ou se perd) la saison. Si le milieu ne protège pas, l’attaque devient une fuite en avant. Et si l’attaque devient une fuite en avant, la défense finit par encaisser sans comprendre. C’est un cercle vicieux, et il a déjà coûté cher.
Enfin, il y a la question des départs probables. Les noms évoqués dans les conversations laissent entendre que certains joueurs pourraient partir, ce qui obligerait à recréer plusieurs automatismes. C’est probable, mais incertain: tant que les offres ne sont pas actées, tout reste une hypothèse. Ce qui est certain, en revanche, c’est que l’ASSE ne peut pas se contenter de “doubler les postes”. Doubler ne suffit pas si les profils ne se complètent pas.
Le mercato 2026 doit donc répondre à une question simple: l’ASSE construit-elle une équipe qui se comprend, ou une collection de joueurs qui se croisent? Si la réponse est la deuxième, la saison ressemblera à une répétition générale. Et à Saint-Étienne, on a déjà assez répété.