On peut aimer le jeu offensif. On peut même le réclamer. À Saint-Étienne, l’ADN n’a jamais été de s’enterrer. Mais il y a une vérité qui finit toujours par rattraper les discours: une équipe qui marque beaucoup et qui encaisse trop ne gagne pas durablement. Elle fait du spectacle. Et le spectacle, en Ligue 2, ne rapporte pas les points quand il faut.

Dans les débats autour de Montanier puis de Cathro, une même inquiétude revient, presque comme un refrain: la défense. Pas seulement “la défense” au sens large, mais la défense dans ses moments clés. Les temps faibles. Les transitions. Les séquences où l’équipe perd sa structure et se retrouve à courir après le ballon comme après un bus qui vient de partir. C’est là que les saisons se cassent.

Le style de jeu, lui, peut varier. Montanier a pu apporter une lecture, une gestion, une capacité à faire évoluer l’équipe. Cathro, lui, arrive avec une intention offensive et une volonté de rythme. Mais l’intention ne suffit pas. La défense, c’est une discipline collective. Et surtout, c’est une mécanique: placement, distances, couverture, communication. Quand ces automatismes ne sont pas installés, l’adversaire n’a pas besoin d’être supérieur. Il a juste besoin d’être patient.

Ce qui rend le sujet brûlant, c’est que l’ASSE ne joue pas dans un championnat où l’on peut se permettre d’expérimenter longtemps. Les équipes de Ligue 2 punissent vite. Elles savent exploiter les espaces. Elles savent aussi forcer les erreurs en mettant l’équipe sous pression dès la relance. Et quand la défense n’est pas prête, le match devient une suite de “rattrapages” qui finissent par coûter cher.

Alors, oui, Cathro peut apporter une animation offensive. Mais la question qui compte, dès maintenant, c’est: comment l’ASSE va protéger son dos? Probable que le recrutement et le travail défensif soient déterminants. Pas seulement le recrutement de “défenseurs”, mais le recrutement de joueurs capables de tenir un système. Un système, ça se construit. Et ça se répète. Sinon, on change de coach et on recommence la même histoire.

Sainté a besoin d’une défense qui ne s’excuse pas. Une défense qui assume. Une défense qui sait quand monter, quand couvrir, quand souffler. Sans ça, l’attaque restera une promesse. Et les promesses, à Geoffroy-Guichard, on les veut en buts, pas en discours.