Philippe Montanier, à l’ASSE, a laissé une impression qui ne se résume pas à une ligne de statistiques. Il y a eu des moments où l’équipe a semblé se redresser, où la défense a retrouvé des repères, où l’on a senti une main sur le volant. Mais il y a aussi cette sensation qui revient: l’équipe n’a pas réussi à être constante sur la durée. Et dans un championnat où chaque détail coûte, la constance n’est pas un luxe. C’est une condition de survie… puis de montée.

Le débat n’est pas “Montanier bon ou Montanier mauvais”. Le débat est plus cruel: est-ce que le projet progresse vraiment, et est-ce qu’il tient quand l’euphorie retombe? À l’ASSE, on attend une équipe qui sait répéter. Répéter les efforts. Répéter les choix. Répéter l’intensité. Répéter la même logique quand le match devient moche, quand le terrain se ferme, quand l’adversaire commence à jouer avec le temps.

Dans les échanges, un autre élément revient: la communication. Pas au sens “faire du bruit”, mais au sens “occuper l’espace” avec clarté. Quand un entraîneur ne projette pas, quand il ne donne pas de repères lisibles, le club devient plus vulnérable aux interprétations. Et à Saint-Étienne, les interprétations, on sait faire. On en fait même trop. Le silence, lui, a un coût. Il laisse la place aux rumeurs, aux scénarios, aux doutes.

Alors, est-ce que Montanier est en danger? Probable, oui, au vu de la dynamique générale autour du staff et des discussions qui circulent. Mais il faut rester prudent: sans officialisation, tout ce qui ressemble à une “tendance” reste incertain. Ce qui est certain, en revanche, c’est que l’ASSE a besoin d’un entraîneur qui s’inscrit dans la durée, qui installe une méthode et qui la rend visible. Pas seulement sur quelques semaines de redressement, mais sur toute une saison.

Le point le plus important, c’est celui-là: la constance et la progression. Un entraîneur peut avoir des périodes de grâce. Il peut aussi avoir des matches où l’équipe semble enfin comprendre. Mais l’ASSE a besoin d’un cap. Et un cap, ça se voit dans la répétition. Ça se voit dans la capacité à ne pas retomber dans les mêmes travers après une période positive. Ça se voit dans la capacité à faire grandir les joueurs, pas seulement à les remettre d’aplomb.

Si Montanier n’est pas reconduit, ce ne sera pas forcément une condamnation. Ce sera surtout une décision de projet. Et un projet, à l’ASSE, doit répondre à une exigence: être capable de tenir la saison entière, et de transformer l’ambition en résultats. Sinon, on recommence. Et on n’a plus le temps de recommencer.

En attendant, le dossier Montanier reste un symbole: celui d’un club qui veut avancer, mais qui doit aussi choisir. Choisir la constance. Choisir la progression. Choisir un entraîneur qui ne laisse pas le doute s’installer. Parce qu’à l’ASSE, le doute, lui, ne se met pas en vacances.