À l’ASSE, la question Montanier n’est pas un feuilleton de plus. C’est un test de cohérence. Parce qu’un club ne change pas seulement de coach: il change de rythme, de langage, de détails. Et ces détails, quand ils s’additionnent, finissent par décider d’une saison entière.
Le point de départ, c’est l’identité de jeu. L’ASSE a besoin d’une équipe qui presse haut, qui récupère vite, et qui avance avec une intention claire. Ce n’est pas un caprice esthétique. C’est une manière de protéger l’équipe quand le niveau monte et que les adversaires deviennent plus efficaces. Quand l’intensité baisse, le pressing devient un effort isolé. Et l’effort isolé, ça fatigue. Puis ça casse.
Dans les discussions, une idée revient: Montanier serait venu pour “sauver ce qui pouvait l’être”, mais le projet stéphanois doit continuer à exister. Sauf que la continuité ne se décrète pas. Elle se construit. Et elle dépend aussi de la capacité du banc à maintenir le même niveau d’exigence, semaine après semaine. Un entraînement moins tonique, un groupe qui se gère différemment, et c’est tout le tempo qui se dérègle. Probable, pas certain. Mais l’intuition est logique: le football se joue autant dans la répétition que dans le match.
Si Montanier devait partir, l’ASSE devrait alors choisir un profil qui comprend l’ADN du club. Pas forcément le même système à la virgule près. Mais la même obsession: récupérer haut, être devant au bon moment, et garder une intensité collective. Un coach “bloc bas et transitions” peut fonctionner dans certains contextes. Mais à l’ASSE, l’enjeu est de ne pas perdre l’identité qui a été travaillée. Sinon, l’équipe repart de zéro. Et repartir de zéro, c’est le meilleur moyen de se faire surprendre.
Le banc, justement, devient le nerf de la guerre. Un coach peut avoir une idée claire. Encore faut-il que l’effectif suive. Et que les remplaçants soient capables de maintenir le niveau sans dégrader l’organisation. C’est là que le mercato et le choix du coach se répondent. Si l’ASSE recrute des profils qui ne s’insèrent pas dans la logique de jeu, le coach devra bricoler. Et bricoler, c’est souvent ce qui coûte des points.
Dans ce contexte, l’avenir de Montanier n’est pas seulement une question de “oui/non”. C’est une question de conditions: cohérence du projet, stabilité du staff, et capacité à construire un effectif qui tient la saison. Le club ne peut pas se permettre une rupture totale. Pas après une période où chaque détail a compté.
Alors oui, il y a de la place pour le débat. Mais à l’ASSE, le débat doit servir une seule chose: choisir ce qui protège le jeu et ce qui protège les résultats. Le reste, c’est du bruit. Et le bruit, en football, ça ne marque jamais.