À l’ASSE, le débat sur Montanier a pris une tournure presque théâtrale: on veut une réponse immédiate, un “oui” ou un “non”, comme si une saison se résumait à une phrase. Sauf que le football n’aime pas les raccourcis. Et l’été 2026, lui, ne pardonnera pas les demi-mesures.

Ce qui ressort des signaux évoqués autour du club, c’est une logique de garanties. Probable, donc: Montanier ne cherche pas seulement à conserver un poste. Il cherche à conserver un cadre de travail. Et ce cadre passe par un effectif qui colle à une exigence. Quand des joueurs ne répondent pas dans les moments clés, quand la performance s’effondre après certains changements, la question n’est plus “est-ce qu’on a de la qualité?”. La question devient “est-ce que la qualité tient le collectif quand ça chauffe?”.

Dans ce contexte, parler de départs n’a rien d’un caprice. C’est une méthode. Mais c’est aussi un chantier qui se heurte à une réalité très simple: à l’ASSE, les joueurs ne sont pas des figurines interchangeables. Il y a des salaires, des contrats, des profils qui ont été recrutés avec une logique parfois différente de celle qui s’impose aujourd’hui. Et il y a surtout un risque: vouloir nettoyer trop large, trop vite, et se retrouver avec un effectif amputé avant même d’avoir reconstruit.

Le point délicat, c’est l’équilibre entre le sportif et le “pratique”. Si l’on demande à un coach de repartir sur une base plus exigeante, il faut lui donner les moyens de le faire. Sinon, on lui demande de gagner avec une équipe qu’il n’a pas choisie. Et ça, c’est le genre de demande qui finit toujours par produire de la frustration. L’ASSE n’a pas besoin de plus de frustration. Elle a besoin de stabilité dans l’exécution.

Autre sujet: la question des blessures et de la préparation. Là aussi, l’été ne peut pas être un simple “on verra”. Si une partie de l’effectif a vécu des périodes de baisse de régime ou des soucis physiques, alors la cellule performance, la préparation et la gestion des charges ne peuvent pas rester des sujets flous. Probable: le coach ne veut pas seulement des joueurs “meilleurs”. Il veut des joueurs “disponibles”, et un environnement qui ne transforme pas chaque semaine en loterie.

Dans les discussions, certains noms reviennent comme des symboles. Mais l’important n’est pas de faire une liste de coupables. L’important est de comprendre la logique: Montanier semble vouloir un noyau qui accepte le rythme, qui comprend les exigences, et qui ne se contente pas d’être “dans le groupe”. Il faut des joueurs qui portent l’équipe quand le match se durcit. Et si certains profils ne le font pas, alors la direction sportive doit assumer le choix: soit on les remet dans le bon cadre, soit on les remplace.

Le club, lui, doit aussi clarifier le calendrier. L’été sera long, mais le temps, lui, ne s’étire pas. Il faut un entraîneur fixé, un staff cohérent, et une stratégie de recrutement qui ne se contente pas de remplir des postes. L’ASSE a besoin d’un effectif qui se comprend, pas d’un effectif qui s’additionne.

Au final, la question est simple, presque brutale: Montanier peut-il travailler avec une équipe qu’il juge compatible avec l’objectif? Si la réponse est oui, alors son maintien devient un signal. Si la réponse est non, alors le chantier devient un mur. Et l’ASSE n’a plus le luxe de construire des murs. Elle doit construire une équipe.