Un déplacement sous cloche, une ambiance quand même

À Reims, l’ASSE n’aura pas seulement à gérer un pressing adverse. Elle devra composer avec un cadre très balisé autour de ses supporters. Le parcage visiteurs est limité à 1 000 places, et l’arrêté encadre aussi la présence stéphanoise dans le reste du stade: pas question d’arborer les couleurs vertes ailleurs que dans le secteur visiteurs. Autrement dit, on peut venir, mais on évite de le crier trop fort.

Le détail qui dit tout: un point de rendez-vous est fixé en amont, avec escorte jusqu’au stade. C’est la routine des déplacements “sensibles”, sauf qu’ici, le contexte sportif rend l’affaire encore plus électrique. Reims-ASSE, c’est la J20, un samedi soir, un match qui pèse dans la course du haut de tableau. Et quand l’enjeu grimpe, la tentation de “verdir” les tribunes grimpe aussi.

Ce cadre n’empêche pas l’ASSE d’avoir du répondant en tribunes. Il change surtout la physionomie: moins de dispersion, plus de densité dans le parcage, et une atmosphère qui peut devenir très compacte, très bruyante, très “bloc”. Pour les joueurs, c’est souvent plus lisible: un seul point chaud, une seule vague sonore, un repère net. À condition, évidemment, que le match ne tourne pas à l’épreuve de nerfs où l’on attend un éclair sans jamais l’allumer.

Reste une réalité: ce type d’arrêté n’est pas une nouveauté dans le football français. Ce qui est plus récent, en revanche, c’est la précision sur l’interdiction d’afficher sa qualité de supporter en dehors du parcage. Là, on ne parle plus seulement de canaliser un déplacement, mais de contrôler l’expression même d’une présence. C’est probable que l’objectif soit d’éviter les regroupements et les frictions. C’est aussi, mécaniquement, une manière de réduire l’empreinte verte dans un stade où la demande de billets peut dépasser le quota visiteurs.

Sportivement, l’ASSE devra faire ce qu’elle réclame depuis des semaines: être adulte à l’extérieur. Ne pas se disperser. Ne pas s’énerver. Ne pas offrir des munitions gratuites. Dans un match où l’ambiance sera concentrée, la moindre séquence forte peut faire basculer le stade. Et à Reims, avec 1 000 Verts serrés comme un seul, l’ASSE aura au moins une certitude: si elle donne une raison de chanter, ça s’entendra.