Le mercato, à l’ASSE, a toujours un parfum particulier. Pas celui du champagne. Plutôt celui du “on verra”. Et cette année, le “on verra” a un nom: Zuriko Davitashvili. Parce que quand un joueur explose statistiquement, tout le monde veut le garder… ou le vendre au meilleur moment. Sauf que le meilleur moment, au football, n’arrive jamais quand on le commande.

Dans les estimations qui circulent, on parle d’un ordre de grandeur autour de 12 à 15 millions d’euros pour Zuriko. Ce chiffre n’est pas une vérité gravée dans le marbre, mais il donne la température. Et la température, elle est claire: l’ASSE doit décider si elle croit à une plus-value sportive immédiate, ou si elle accepte de transformer une saison forte en transaction. Sur le plan des valeurs de marché, Transfermarkt affiche une trajectoire et une valorisation qui peuvent nourrir le débat, sans pour autant le trancher définitivement.

Le vrai sujet: les ailes, pas les montants

Le débat sur le prix est tentant. Il est même excitant. Mais il détourne l’attention du cœur du problème: l’ASSE a besoin d’ailiers qui provoquent, qui débordent, qui créent des situations sans attendre que le match se “débloque” tout seul. Or, la saison a montré une chose: quand l’attaque manque de différences, l’équipe devient prévisible. Et quand elle devient prévisible, elle se fait punir.

Zuriko, dans ce contexte, est un symbole. D’un côté, il y a la production offensive et la capacité à faire mal. De l’autre, il y a la question du collectif: est-ce que le joueur tire l’équipe vers le haut, ou est-ce que l’équipe s’adapte à lui au point de perdre ses repères? C’est probable que les deux soient vrais à des degrés différents. Un joueur peut être décisif et, en même temps, ne pas suffire à structurer une animation complète.

Et puis il y a l’autre enjeu, plus froid: le risque de surpayer. Surpayer, ce n’est pas seulement mettre de l’argent. C’est aussi créer une pression sur le vestiaire, sur le staff, et sur le joueur lui-même. L’ASSE n’a pas besoin d’un mercato qui ressemble à un pari financier. Elle a besoin d’un mercato qui ressemble à un plan de jeu.

Si l’ASSE conserve Zuriko, il faut que le recrutement autour de lui soit cohérent. Des profils qui complètent, pas des profils qui “remplissent”. Si l’ASSE vend, il faut que la vente serve à reconstruire une vraie dynamique offensive, pas à remplacer un joueur par un autre joueur… sans le même impact. Sinon, on aura juste changé le nom sur la feuille.

Le mercato d’été 2026 doit donc répondre à une question simple: est-ce que l’ASSE veut gagner des matchs, ou est-ce qu’elle veut gagner une discussion? Les deux, parfois, se rencontrent. Mais souvent, l’ASSE a déjà payé cher les saisons où elle a confondu les deux.

Humour mis à part: à Saint-Étienne, on ne manque pas de talent. On manque surtout de décisions nettes. Et cette fois, il faudra que les ailes soient enfin un outil, pas un décor.