Un mercato sans bruit, ça existe… mais ça ne rassure personne
Le mercato d’hiver, c’est d’habitude une foire. Des rumeurs, des “pistes”, des avions suivis à la loupe, et des signatures annoncées avant même que le joueur ait trouvé l’Étrat sur Google Maps. À Saint-Étienne, en ce 20 janvier 2026, l’ambiance est différente: calme plat. Pas de recrue officialisée chez les pros, peu de signaux clairs, et une impression persistante que le club regarde passer le train… en espérant qu’il s’arrête tout seul.
Ce silence n’est pas forcément une preuve d’inaction. Il peut aussi être une méthode. D’abord parce que l’ASSE a déjà montré qu’elle savait travailler sans fuite. Ensuite parce que le discours d’Horneland, lui, va dans le sens d’un hiver mesuré: il a expliqué début janvier qu’il ne s’attendait pas à un mercato animé et qu’il estimait avoir ce qu’il faut quand tout le monde est disponible.
Sauf que la phrase la plus importante est justement celle-là: “quand tout le monde est disponible”. Or, cette saison, l’ASSE a rarement eu ce luxe. Et même quand les blessés reviennent, ils reviennent souvent par étapes, avec du rythme à retrouver, des automatismes à reconstruire, et parfois une fragilité qui oblige à gérer les minutes. C’est là que le pari devient dangereux: miser sur le retour à la normale, dans un championnat où la normalité n’existe pas.
Sur le plan sportif, les besoins sont identifiés depuis un moment. Plusieurs échos évoquent une priorité au milieu et un renfort possible sur un côté défensif, avec en toile de fond le dossier Ekwah et la question de l’équilibre. Rien n’oblige à faire quatre signatures pour être plus fort. Mais ne rien faire du tout, c’est accepter que la moindre rechute, la moindre suspension, la moindre baisse de forme redevienne un problème structurel.
Le calendrier, lui, ne fait pas de cadeau. Le mercato se termine le 2 février 2026 à 20h. Cela laisse du temps, oui. Mais cela laisse aussi des matches à jouer, des points à prendre, et une course à la montée qui ne s’arrête pas pour attendre un latéral ou un milieu “en bonne opportunité”.
Alors, stratégie assumée ou pari risqué? Aujourd’hui, c’est encore incertain. Probable que l’ASSE cherche surtout le bon profil plutôt que le volume. Probable aussi que le club ne veut pas répéter les panic buys qui coûtent cher et rapportent peu. Mais si l’hiver se termine sans renfort et que l’infirmerie se rallume, le silence ne sera plus une méthode: ce sera une explication à fournir.