Le résultat calme, la question reste
Une victoire peut faire taire un stade. Elle ne règle pas forcément ce qu’il rumine. Contre Clermont, l’ASSE a pris trois points. Mais l’ambiance autour du club continue de se charger d’électricité statique: banderoles, sifflets par séquences, impatience qui s’installe. Rien d’explosif, pas encore. Plutôt un climat. Et à Geoffroy-Guichard, un climat finit toujours par devenir une météo.
Dans ce décor, la présence d’Ivan Gazidis a été évoquée, avec l’idée d’un passage éclair. Probable qu’il soit venu pour le match avant de repartir rapidement. Ce n’est pas un scoop: Gazidis n’est pas un président “de couloir”, au quotidien, à l’Étrat. Son rôle semble davantage institutionnel et stratégique. Le souci, c’est que l’ASSE traverse une période où le club a surtout besoin d’un pilotage sportif lisible, incarné, et présent.
Depuis l’arrivée de Kilmer, l’organigramme donne parfois l’impression d’un puzzle dont on a perdu l’image sur la boîte. Plusieurs têtes, plusieurs périmètres, et une question qui revient toujours: qui tranche, qui assume, qui porte le sportif au jour le jour? Tant que l’équipe gagne et enchaîne, ce flou peut passer pour de la modernité. Quand le contenu se dégrade et que le public se crispe, il ressemble surtout à une zone grise.
Le stade, lui, ne demande pas forcément des têtes. Il demande un cap. Et il a cette manière bien stéphanoise de le faire comprendre: une banderole bien sentie, un silence lourd, puis un sifflet qui part au mauvais moment. L’ASSE a déjà connu des périodes plus violentes. Mais l’histoire du club dit une chose: quand la défiance s’installe, elle ne disparaît pas avec un 1-0 laborieux.
La direction a donc un chantier immédiat, au-delà du mercato: clarifier la chaîne de décision sportive, assumer une ligne, et la rendre compréhensible. Pas besoin de grandes phrases. Juste d’une impression simple: quelqu’un tient le volant, et il sait où il va.