Deux gamins, une vraie personnalité

Dans une équipe qui cherche parfois son souffle, il y a des joueurs qui arrivent avec de l’air frais. Pedro et El Jamali font partie de ceux-là. Peu de matches pros, beaucoup de culot, et surtout cette impression rare: ils ne jouent pas “petit bras”. Ils jouent comme s’ils avaient déjà compris que le maillot vert ne récompense pas la timidité.

Prenons Pedro. À 19 ans, il affiche une maturité étonnante dans l’attitude. Il défend, il ose monter, il ne se cache pas. Il n’est pas parfait, loin de là, notamment dans certaines lectures défensives, mais il a un truc précieux: il assume. Et dans une saison où l’ASSE a parfois donné l’impression de se regarder jouer, un latéral qui prend ses responsabilités, c’est presque un événement.

El Jamali, lui, est un joueur de déséquilibre. Il provoque, il tente, il élimine. Il peut aussi s’entêter, garder le ballon une touche de trop, oublier de lever la tête. Mais ce sont des défauts de jeunesse, pas des défauts de nature. La technique est là, la capacité à créer aussi. Et quand l’ASSE manque d’idées, un joueur capable de casser une ligne sur un contrôle orienté devient vite indispensable, même quand tout n’est pas propre.

Leur point commun, c’est l’intensité. Ils tiennent physiquement, ils répètent les efforts, ils ne donnent pas l’impression de subir le niveau. Ce n’est pas un détail: en Ligue 2, la différence se fait souvent sur la capacité à rejouer une action à la 85e comme à la 15e. Et sur ce plan, ces deux-là envoient un message assez clair à la concurrence.

Reste la question de la gestion. Un jeune, ça se protège autant que ça se lance. Trop de responsabilités trop vite, et on le brûle. Pas assez, et on le frustre. L’ASSE doit trouver le bon dosage, surtout dans un contexte où le banc est peu utilisé et où les fins de match se jouent souvent à l’usure. L’idée n’est pas d’en faire des sauveurs, mais d’en faire des solutions régulières, intégrées, cohérentes.

Pedro et El Jamali ne sont pas des promesses exotiques. Ils sont une réponse locale, immédiate, et plutôt crédible. Et à Sainté, quand le centre de formation recommence à parler fort, c’est rarement une mauvaise nouvelle.