Un but, trois points… et un drôle de goût

Il y a des soirs où l’ASSE ressemble à un coffre-fort. Et d’autres où elle ressemble surtout à la clé oubliée sur la porte. Contre Clermont, Sainté a pris l’essentiel: une victoire 1-0, signée Boakye. Un but qui pèse lourd dans une saison où la montée se joue parfois à la grimace plus qu’au champagne.

Le problème, c’est le reste. Après l’ouverture du score, l’équipe a trop souvent reculé, perdu le fil, et laissé le match se transformer en exercice de survie. On a vu une ASSE capable d’un temps fort, puis d’une longue séquence à subir, comme si le 1-0 était un objectif final et non un point de départ. Dans ce scénario, Larsonneur a été déterminant, avec des arrêts qui valent plus qu’une ligne “clean sheet” sur une feuille de stats. Sans lui, le récit de la soirée aurait pu être beaucoup moins agréable.

Dans le jeu, la copie reste brouillonne. Le milieu a manqué de continuité, la circulation a souvent été lente, et l’équipe a donné l’impression de jouer par à-coups. Jaber a apporté du volume et de l’énergie, mais l’ensemble a peiné à installer une domination durable. Devant, Stassin a été à la fois utile et frustrant: une passe décisive, des déplacements, mais une influence qui s’éteint dès que l’ASSE n’arrive plus à l’alimenter correctement. Le signal est clair: Sainté dépend encore trop de ses éclairs individuels.

Le point qui interroge le plus, c’est la gestion du match. Les changements sont arrivés tard, parfois très tard, et l’équipe a fini cramée, à défendre en apnée. C’est un choix assumé ou une contrainte? Incertain. Ce qui est sûr, c’est que cette stratégie expose: en Ligue 2, on peut gagner comme ça une fois, deux fois… mais sur quinze matches, c’est une autre histoire.

Au final, l’ASSE avance. Elle prend des points. Mais elle ne rassure pas. Et dans une course à la montée, c’est un luxe qu’on ne peut pas toujours se permettre.