À Saint-Étienne, on parle beaucoup de montée. Normal. C’est le panneau lumineux, celui qui attire les regards. Mais pendant que les pros se débattent avec leurs nerfs, le reste du club envoie des signaux qui méritent mieux qu’un haussement d’épaules. Parce qu’un club ne se résume pas à son onze du samedi soir. Il se raconte aussi dans sa réserve, dans ses U19, dans ses U17. Et ces derniers jours, le récit n’est pas exactement une comédie romantique.

La réserve a concédé un 0-0 contre Jura Sud. Un score qui, pris isolément, ne dit pas tout. Mais le contenu, lui, inquiète: manque d’idées, manque de liant, et cette sensation d’équipes qui jouent chacune leur partition sans chef d’orchestre. Ce n’est pas nouveau, et c’est justement le problème. Quand une réserve n’arrive plus à imposer une identité, elle ne sert plus de tremplin. Elle devient un parking. Et dans un club qui veut remonter durablement, un parking, ça finit toujours par coûter cher.

Le malaise de la formation: un problème de niveau… ou de souffle?

Les U19, eux, ont pris une claque à Bastia. Le score est lourd, et il résonne d’autant plus qu’il arrive dans un contexte où l’ASSE cherche de la solidité partout. Ce genre de défaite n’est pas forcément une preuve définitive de tout. Mais c’est un révélateur: quand les équipes de jeunes se font bousculer dans l’intensité, c’est rarement un accident isolé. C’est souvent un symptôme. Un manque de puissance athlétique, un déficit de caractère, ou une confiance qui s’effrite. Parfois les trois en même temps.

À l’inverse, les U17 ont signé une victoire spectaculaire contre Saint-Priest. Là aussi, prudence: un gros score ne fait pas une saison. Mais il rappelle une chose essentielle: il y a du talent, il y a des gamins capables de faire mal, de se projeter, de marquer. Le sujet n’est donc pas de décréter que “tout est nul”. Le sujet, c’est la cohérence. Pourquoi certaines catégories respirent quand d’autres suffoquent? Pourquoi l’impression d’un club qui, globalement, manque de tranchant dans les moments où ça pique?

La réponse, aujourd’hui, reste incertaine sur les causes précises. Mais le constat, lui, est probable: l’ASSE traverse une fin de saison où l’intensité devient un thème transversal, du groupe pro jusqu’aux étages inférieurs. Et quand un même mot revient partout, ce n’est pas un hasard de vocabulaire. C’est une alerte.

On peut toujours se rassurer en disant que “rien n’est fait”. C’est vrai. Mais à Saint-Étienne, l’histoire a déjà montré qu’on ne reconstruit pas un club solide uniquement avec un classement pro. On le reconstruit avec un socle. Et en ce moment, le socle tremble. Pas au point de s’effondrer. Mais assez pour obliger tout le monde à regarder en bas, pas seulement en haut.