Il y a des nuls qui ressemblent à un point pris. Et il y a ceux qui ressemblent à deux points jetés par la fenêtre, avec le bruit du verre qui se brise en prime. Le 3-3 des U17 de l’ASSE sur le terrain de la JS Ajaccio appartient clairement à la deuxième catégorie: Sainté menait 3-1 à l’entame du temps additionnel, et a fini par concéder l’égalisation. Ce n’est pas un accident de parcours, c’est un craquage. Et ce n’est pas nouveau, c’est justement ça le problème.

Parce qu’un scénario pareil ne parle pas seulement de football. Il parle de gestion des émotions, de concentration, de communication, de repères. À ce niveau, on peut toujours invoquer la jeunesse, l’apprentissage, la formation. Mais l’apprentissage n’empêche pas d’être exigeant. Surtout quand le club se veut une référence, et que la fin de match ressemble à une panne générale d’électricité.

Une fragilité qui dépasse le score

Ce 3-3 dit quelque chose de plus large: la capacité à fermer un match, à faire les bons choix quand le chrono devient un adversaire, à défendre en équipe quand les jambes brûlent. Ce sont des fondamentaux. Et quand ils manquent, ce n’est pas seulement une question de talent individuel. C’est une question de cadre collectif.

Le plus inquiétant, c’est l’impression d’une saison qui s’étire sans filet. Quand une équipe concède ce type de renversement, on cherche souvent un détail: une erreur technique, un duel perdu, un ballon mal négocié. Mais la vérité est plus simple et plus dure: à 3-1 dans le temps additionnel, tu dois être capable de te protéger toi-même. Si tu n’y arrives pas, c’est que tu n’as pas encore les réflexes de survie compétitive.

Alors oui, il faudra analyser, corriger, recadrer. Et il faudra le faire sans théâtre. La formation n’est pas un endroit où l’on « excuse ». C’est un endroit où l’on comprend vite, ou où l’on recommence. Et à l’ASSE, recommencer trop souvent finit toujours par coûter cher, même quand ce n’est « que » chez les jeunes.