Un match, des retours, et une feuille de match qui tremble
Geoffroy-Guichard attend Clermont comme on attend un contrôle technique après un long trajet: avec une petite boule au ventre et l’espoir que ça passe sans contre-visite. Sportivement, l’ASSE n’a plus le luxe de bricoler. Et pourtant, à la veille du coup d’envoi, Horneland se retrouve encore à faire du sur-mesure avec un effectif qui revient par morceaux.
La tendance la plus probable, c’est de revoir plusieurs cadres récents démarrer après avoir repris du rythme. Boakye et Moueffek ont rejoué, Lamba aussi. Dans une Ligue 2 où l’intensité se paie cash, ces minutes-là comptent. Elles pèsent même plus lourd que les promesses de début de semaine. L’ASSE a besoin de jambes, mais aussi de repères. Et c’est là que le casse-tête commence.
En défense, l’idée d’une charnière plus “propre” techniquement revient avec insistance. Pedro et Lamba ensemble, c’est séduisant sur le papier: plus de vitesse, plus de relance, moins de panique quand ça presse. Sauf que le papier, en janvier, sert surtout à emballer les marrons chauds. La réalité, c’est que l’équilibre dépend aussi des côtés. Et sur les couloirs, l’ASSE navigue entre options imparfaites.
Annan titulaire? C’est incertain. Pas forcément parce qu’il ne peut pas, mais parce que le timing ressemble à un pari. Old latéral? C’est probable sur une partie du match, tant son profil offre une solution hybride: défendre, puis monter d’un cran si besoin. Dans ce genre de rencontre, Horneland peut être tenté par une gestion “à l’heure de jeu”, avec un joueur capable de changer de rôle sans changer l’équipe. Pratique. Et parfois indispensable quand le banc ressemble à une salle d’attente.
Devant, le dossier Cardona est le plus glissant. Un coup à l’entraînement a été évoqué, et sa présence sur des images récentes laisse penser que ce n’est pas une alerte rouge. Mais entre être dans le groupe et être prêt à démarrer, il y a un monde. À ce stade, une titularisation paraît incertaine. En revanche, une entrée en seconde période, pour “renverser la table”, est probable si le match s’enlise. Et vu la saison, l’enlisement est devenu une spécialité locale.
Au milieu, l’ASSE semble se diriger vers un trio plus lisible, avec Jaber, Tardieu et Moueffek si tout le monde est apte. Là encore, ce n’est pas une révolution, mais une recherche de continuité. Clermont n’est pas un adversaire qu’on endort avec des intentions. Il faut du volume, des duels, et un minimum de justesse. L’ASSE a souvent eu l’un sans l’autre. Le défi, c’est d’aligner les deux le même soir.
Ce match, enfin, se jouera aussi sur un détail très concret: l’heure. 20h55, c’est tard, c’est télé, c’est un rythme particulier. Ça peut étirer l’attente, refroidir l’ambiance, ou au contraire laisser le temps au Chaudron de monter en température. À l’ASSE de faire le reste: donner une raison de chanter avant de donner une raison de siffler.