Samedi, l’ASSE ne choisira pas sa compo: elle la subira.
Le match contre Clermont arrive avec une évidence: Saint-Étienne n’a pas seulement besoin de points, elle a besoin d’une équipe. Une vraie. Pas un assemblage de solutions temporaires, pas un onze qui change de visage à chaque alerte musculaire. Or, à l’instant T, Horneland doit surtout résoudre un problème de géographie: qui occupe les couloirs, et avec quelles garanties?
Le premier nœud, c’est le poste de latéral. L’ASSE a déjà payé cher ses approximations sur les côtés, et pas seulement en phase offensive. Défendre les centres, fermer le second poteau, gérer les courses croisées: ce sont des détails qui n’en sont pas. Et quand les repères sautent, la surface devient une zone de turbulences. Ce n’est pas nouveau, d’ailleurs: les buts encaissés sur centres, les flottements de marquage, les hésitations entre défenseur et gardien… ce sont des séquences déjà vues cette saison. Donc pas une nouveauté, mais un rappel qui tombe mal.
Dans ce contexte, l’idée de repositionner Old plus bas revient naturellement. Sauf qu’un joueur n’est pas un meuble Ikea: on ne le visse pas à gauche parce qu’il manque une pièce. Old peut dépanner, il peut même apporter de la qualité de pied, mais le poste demande des automatismes défensifs spécifiques. Et si l’ASSE se retrouve à bricoler derrière, elle risque de se retrouver à courir après le score, encore.
Deuxième nœud: l’aile. Boakye est un candidat naturel pour démarrer, et son volume de jeu colle à l’exigence du poste. Son état exact reste toutefois à surveiller, même si les signaux récents laissent penser que sa présence est probable. En face, l’autre côté dépendra beaucoup de l’état de l’attaque. Si Cardona et Davitashvili manquent à l’appel, l’ASSE devra inventer des associations, et surtout trouver des joueurs capables de répéter les efforts. Contre Clermont, ce ne sera pas un match de poésie: ce sera un match de duels, de deuxièmes ballons, de transitions.
Enfin, il y a la sentinelle. L’ASSE cherche encore un équilibre au milieu, et l’idée de voir Jaber en 6 n’a rien d’absurde sur le papier. Mais sur le terrain, ce poste est une zone à risques: pertes de balle interdites, couverture permanente, lecture des contres. Si Horneland choisit cette option, il devra l’entourer d’un cadre clair, avec des relayeurs capables de compenser et des centraux qui communiquent. Sinon, c’est la porte ouverte aux matchs où l’équipe se coupe en deux, et où le Chaudron grince très vite.
Au fond, l’ASSE n’est pas seulement en train de préparer Clermont. Elle est en train de chercher une formule stable. Et quand une équipe cherche encore sa formule en janvier, c’est rarement parce que tout va bien. C’est parce que le réel, lui, n’attend pas.