Le Chaudron, oui. Le service de traumatologie, aussi.

À Saint-Étienne, l’hiver a ses traditions. Le froid, les matchs qui sentent la sueur… et cette impression tenace que l’infirmerie a pris un abonnement en kop. À l’approche de la réception de Clermont, l’ASSE se retrouve encore à jongler avec les statuts: forfaits probables, incertains, retours à moitié cuits. Le genre de puzzle où il manque toujours une pièce, et où le couvercle ne ferme jamais.

Le signal du jour, c’est cette alerte à l’entraînement pour Irvin Cardona (incertain) et Lucas Stassin (incertain). Rien de plus parlant que des blessures qui tombent au moment où l’équipe a besoin de continuité. Cardona, déjà, traîne une saison en pointillés. Son rendement ressemble à une radio mal réglée: parfois une image nette, souvent du grésillement. L’hypothèse d’une fatigue liée à l’enchaînement sélection et vie personnelle circule, mais faute d’éléments médicaux précis, cela reste incertain. Ce qui est sûr, c’est que l’ASSE ne peut pas se permettre un Cardona à 60%… surtout si elle n’a pas de Cardona du tout.

Autour d’eux, la liste s’étire. Zuriko Davitashvili est annoncé probablement très diminué, voire proche du forfait. Dylan Bernauer n’est plus dans le paysage immédiat. Duffus et Ferreira traînent des absences longues pour des pépins qui paraissaient, au départ, moins alarmants. Et quand l’ASSE commence à compter les convalescents plutôt que les titulaires, le match du week-end se transforme en exercice de survie.

Le plus inquiétant, au fond, n’est pas seulement le volume. C’est la répétition et la gestion. Voir des joueurs tirer sur la corde, jouer diminués, puis disparaître plusieurs semaines, ce n’est pas nouveau… mais ce n’est pas une fatalité non plus. À force, cela finit par peser sur tout: les automatismes, la confiance, et même la lecture qu’on fait des performances. Une équipe qui bricole en permanence finit par jouer comme elle vit: dans l’urgence.

Reste une question très concrète: qui tient 90 minutes? Annan et Lamba reviennent, mais un retour n’est pas une garantie. Un joueur qui reprend, c’est souvent un joueur qui gère, qui calcule, qui évite. Et en Ligue 2, éviter, c’est parfois se faire manger. L’ASSE devra donc choisir entre aligner des noms rassurants mais pas totalement prêts, ou lancer des solutions plus fraîches mais moins rodées. Dans les deux cas, ce n’est pas un confort. C’est un pari.