Stassin, l’appel d’air… et le courant d’air
Il y a des nouvelles qui font lever un sourcil, et d’autres qui font lever une cote. La convocation de Lucas Stassin avec la Belgique A, annoncée ce vendredi 20 mars 2026, appartient clairement à la deuxième catégorie. Pour l’ASSE, c’est une vitrine. Pour le joueur, une marche. Pour le marché, un signal. Et pour la fin de saison, un petit paramètre en plus dans une équation déjà nerveuse.
Sportivement, l’intérêt est limpide. Un attaquant qui bascule dans le radar d’une sélection A, ce n’est pas seulement un tampon sur un CV. C’est une validation de trajectoire. Stassin n’a pas eu une saison linéaire, loin de là. Il a connu des périodes où il fallait le chercher dans le match, puis d’autres où il suffisait de lui donner un ballon dans la bonne zone pour sentir que quelque chose pouvait se passer. Cette convocation raconte surtout ça: une progression devenue visible, donc exploitable, donc convoitée.
Pour l’ASSE, l’effet est double. D’abord, l’image. Dans une Ligue 2 où l’on vend souvent du “projet” à défaut de vendre des certitudes, pouvoir dire qu’un joueur en vert rejoint une sélection A, c’est un argument de recrutement qui ne se discute pas. Ensuite, la valeur. La phrase “son prix va flamber” n’est pas une figure de style: c’est la mécanique habituelle. Un international A, même appelé pour élargir un groupe, n’est plus évalué pareil. Probable donc que les discussions estivales, si elles existent, commencent déjà à changer de ton.
Reste la question la plus terre-à-terre, celle qui intéresse un entraîneur à J-1 d’un match: comment le joueur va-t-il le vivre sur le terrain, tout de suite? Deux scénarios se tiennent. Le premier, le plus savoureux: l’euphorie, la confiance, l’envie de “valider” en club pour ne pas être un invité de passage. Le second, plus sournois: la retenue, ce demi-centimètre de prudence dans un duel, ce sprint qu’on coupe une fraction plus tôt, parce qu’une sélection A, ça se rate parfois sur une cheville qui tourne mal. Incertain à ce stade, mais c’est une donnée réelle dans le sprint final.
Enfin, il y a l’arrière-plan, celui qui dépasse Stassin. L’ASSE cherche à remonter, et à se reconstruire en même temps. Une convocation internationale, c’est un projecteur. Très bien quand on veut attirer. Beaucoup moins quand on veut garder. Le club va devoir marcher sur une ligne fine: profiter de la lumière sans se faire brûler par elle. Et si, au passage, Geoffroy-Guichard pouvait offrir à son attaquant une soirée pleine, bruyante, compacte… ce serait le meilleur dossier de presse possible. Même sans certaines tribunes, même avec des sanctions qui grignotent l’ambiance, l’ASSE a encore un talent rare: transformer un match de Ligue 2 en événement. Stassin, lui, vient d’entrer dans une autre catégorie d’événements.