Un prêt, une option, et beaucoup de portes fermées
Le mercato, c’est souvent une partie d’échecs. À Saint-Étienne, on a parfois l’impression de jouer avec des pièces en mousse. Le dossier Varane en est l’illustration du moment: une piste suivie, une formule de prêt avec option d’achat évoquée, et un club vendeur qui ne lâche pas grand-chose.
Sur ce dossier, il faut marcher sur une ligne: l’existence d’une offre précise reste incertaine. Ce qui ressort, en revanche, c’est une tendance crédible: QPR ne semble pas emballé par un montage où l’achat dépendrait d’une montée en Ligue 1, ou par une option jugée trop contraignante. Dans ce type de négociation, l’Angleterre n’a pas la réputation de faire des cadeaux, surtout quand le joueur est perçu comme un actif à protéger.
Et côté ASSE, la logique est limpide. Un prêt avec option, c’est l’assurance de ne pas brûler la trésorerie en janvier tout en préparant l’après. Sauf que cette formule a aussi un défaut: elle suppose que tout le monde partage la même vision du risque. Sainté veut payer si la montée est au bout. QPR veut être payé parce que le joueur a une valeur, montée ou pas. Deux raisonnements, deux calendriers, et au milieu, un mois de janvier qui ne s’étire pas à l’infini.
Ce dossier renvoie aussi à une question plus large: quel type de milieu cherche vraiment l’ASSE? Un vrai sentinelle, un profil plus mobile, un joueur de transition? Le nom de Varane est associé à un rôle de “6” assez identifié. Mais l’équipe, elle, a surtout besoin d’équilibre. Et l’équilibre ne se signe pas toujours avec une option d’achat, il se construit aussi avec une animation collective plus propre, une meilleure protection des centraux, et des pertes de balle moins suicidaires.
Alors, insister ou passer à autre chose? À ce stade, la réponse la plus rationnelle est probable: l’ASSE doit garder le dossier ouvert, mais préparer une sortie de secours. Parce qu’en février, les regrets coûtent plus cher que les refus.