Un poste, une inquiétude, et tout le décor change
Il y a des équipes qui peuvent se permettre de perdre leur gardien sans que personne ne cligne des yeux. Et puis il y a celles qui, d’un coup, se mettent à entendre le moindre ballon rebondir comme un tambour. L’ASSE, en ce moment, est plutôt dans la deuxième catégorie. Parce que Gautier Larsonneur n’est pas seulement un titulaire. C’est un repère. Un rythme. Une voix. Et, depuis quelques semaines, le dernier verrou d’un bloc qui a enfin arrêté de se compliquer la vie.
Le problème, c’est que l’on ne sait pas encore précisément combien de temps ce verrou restera au garage. La durée d’indisponibilité n’est pas clairement posée à cette heure: c’est incertain. Et dans une course à la montée où chaque week-end ressemble à un contrôle technique, l’incertitude est déjà une information en soi.
Alors forcément, le projecteur se braque sur Brice Maubleu. Le scénario est presque trop bien écrit: un déplacement à Grenoble, un possible intérim dans les cages, et l’idée d’un retour au premier plan au moment où la saison se joue. Sauf qu’ici, on ne parle pas de romantisme. On parle de points. Et de nerfs.
Maubleu, c’est un profil de gardien expérimenté, grand gabarit, habitué aux joutes de Ligue 2. Sur le papier, ça coche des cases. Dans la réalité, il y a toujours ce détail qui compte: la pression verte n’a rien d’un papier. Elle colle aux gants. Elle colle aux sorties aériennes. Elle colle au premier ballon un peu chaud sur un centre au second poteau.
La bonne nouvelle, c’est que l’ASSE n’est plus la même équipe qu’il y a quelques mois. La défense a pris de l’épaisseur, le bloc concède moins, et l’équipe a retrouvé une forme de calme dans les zones où elle paniquait avant. Contre le Red Star, Saint-Étienne a encore gagné sans forcément tout écraser, mais avec une maîtrise plus adulte, plus froide, plus utile. Et ça, pour un gardien remplaçant, c’est un cadeau: moins de situations à gérer, donc moins d’occasions de douter.
Reste Grenoble. Un adversaire qui ne fait pas dans la poésie, qui ferme, qui attend, qui transforme le match en partie d’échecs… avec des crampons. Dans ce type de rencontre, le gardien peut passer 70 minutes à regarder le jeu, puis être jugé sur une seule action. C’est injuste, c’est cruel, c’est le poste. Et c’est précisément pour ça que l’ASSE doit aborder ce déplacement avec une idée simple: ne pas offrir le moindre prétexte au destin de se croire drôle.